LE TABAC
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à l’abri de tout danger. Mais ils avalent leur saliveimprégnée du principe vénéneux du tabac, moyenrapide et infaillible de s’empoisonner par l’absorp-tion de la nicotine.
La feuille de tabac est-elle mâchée, une viveirritation de toute la bouche se produit, les glandessalivaires excitées laissent couler une quantitéconsidérable de salive : d’où résultent des mauxd’estomac, l’amaigrissement.
Si l’on avale le tabac, des vomissements, desselles abondantes ne tardent pas à se produire sousl’influence locale de cette substance irritante. Ab-sorbé, le tabac porte plus loin son action, qui peutse traduire par des vertiges, des tremblements, desdéfaillances, des convulsions, la paralysie, par lamort même.
Le tabac mâché est la ressource favorite du marin,auquel il est défendu de fumer dans certaines par-ties du navire.
Rien ne peut donner l’idée de l’empire qu’exercesur ces hommes cette dégoûtante habitude.
Au sujet de cette terrible nécessité que l’hommese crée ainsi volontairement, Forget a racontél’anecdote suivante ;
« Un matelot vint me trouver pour un mal degorge. Je vis, à la saillie de sa joue, qu’il mâchaitquelque chose. * Comment, lui dis-je, vous avezmal à la gorge et vous chiquez! — Major, me ré-pondit-il, depuis trois jours je n’ai plus de tabac ! »Et, en même temps, il tira de sa bouche un pelotond’étoupe goudronnée.