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LE TABAC
Pour le soldat, le tabac n’a pas seulement lavaleur d’une habitude. En campagne, du moins, ily a dans l’usage du tabac un effet moral dont ilfaut tenir compte, de l’avis des médecins militairesles moins favorables à cette habitude
Depuis 1853, on délivre dans l’armée, à prixréduit, du tabac de cantine, à raison de 10 gram-mes par jour, aux hommes qui en font la demande ;mesure vivement blâmée par le D r Jolly :
< Est-il bien nécessaire, dit l’éminent académi-cien, de consacrer une dépense annuelle de plusde 20 millions, à la charge du budget de la guerre,pour gratifier chaque soldat d’une dose de poisonquotidien, plutôt que d’affecter cette somme à uncomplément de ration de vivres qui a pu paraîtrequelquefois insuffisante, ou d’y ajouter deux outrois litres de vin, dont nul ne se prive aujour-d’hui, excepté le soldat qui ne l’attend guère queles jours de fête nationale, et, ces jours-là, c’estencore l’ivresse, ce sont encore l’eau-de-vie, le vin,et le tabac, qui concourent à l’inauguration de lafête ! * »
Parmi les fumeurs, les uns crachent continuel-lement : une quantité énorme de salive est ainsiperdue pour le travail digestif. Or, pour la diges-tion de certains aliments, la salive est un élémentindispensable.
D’autres s’abstiennent de cracher, et croient être
1. Morache. Hygiène militaire,
2. Ojj. cit.