LE TABAC
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l’amaurose des fumeurs, conduisait à l’angine depoitrine ; d’un autre côté, les défenseurs du tabacont dit : Il adoucit le sentiment de la fatigue, ilcalme les douleurs, conduit à la résignation, pro-duit une sensation vaporeuse agréable, fait sup-porter le désœuvrement, combat l’ennui de la vie,C’est, ajoutent-ils, une admirable ressource pour lemarin, le soldat et l’ouvrier accablés par les rudestravaux de la journée. »
M. Bouchardat ajoute en manière de conclusionpersonnelle :
« Quoi qu’il en soit, l’empire du tabac s’étendchaque jour; si l’usage en était modéré, si l’on em-ployait utilement l’excitation qui suit son ingestion,on pourrait admettre que dans bien des cas lesinconvénients et les avantages se balancent *, »
Un autre auteur accepterait aussi l’usage dutabac, il ne redoute que l’abus.
« La fumée de tabac, à dose modérée, a dit leprofesseur Sée, produit l’excitation cérébrale etfacilite le travail ; mais l’abus du tabac produit l’a-néantissement de l’intelligence et aboutit finale-ment à l’abolition de l’excitabilité intellectuelle. »
Voilà qui est très-bien. Mais, pour dire où com-mence le danger, je voudrais savoir nettement oùcommence ce qu’on appelle ici l’abus. Ne doit-onpas craindre que celui à qui on permet l’usage, nodépasse bien vite une limite arbitraire, difficile àpréciser, et qu’il est encore plus difficile d’empêcherde franchir ?
1. O». cit.