LE TABAC
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Nous craignons bien que la condition que mettentles savants professeurs à la concession qu’ils sontprêts à faire, ne se réalise guère ; dès lors les con-clusions restent à l’état d’hypothèse, comme le vœusur l’accomplissement duquel elles sont fondées.
Si, comme nous l’avons dit, le tabac excite lasoif, a-t-il du moins le privilège de diminuer lebesoin de la faim ? Et si ce résultat est produit,faut-il y voir un avantage réel ?
On a cité le cas de voyageurs qui ont pu, grâceau tabac, apaiser la sensation pénible de la faim.
Le soldat en marche semble retrouver son éner-gie dans le tabac et puiser dans la satisfaction decette habitude la force d’attendre l’heure incertainedu repas.
<t On est étonné de voir, dit Celle, la petite quan-tité d’aliments dont se contentent les personnes, etnotamment les femmes, adonnées au tabac fumé encigarettes ; avec deux ou trois tasses de chocolat,elles en ont pour une journée entière, sans res-sentir un seul instant le besoin d’aliments plussubstantiels. Les indigènes (des climats chauds)peuvent fournir toute une journée de marche sansrien prendre de plus qu’un repas léger le matin, etsans éprouver les angoisses de la faim, pourvuqu’ils aient quelques cigarettes dont la fumée suffità faire taire les exigences de l’estomac. Les per-sonnes qui font du tabac consumé de la sorte unusage continuel, sont jaunes, maigres, et leursdents se gâtent facilement ; le matin leur visageest bouffi, et les yeux sont larmoyants. »