LE TABAC
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Il est bon de le dire en effet, si le tabac diminuela faim, ce n’est pas en la satisfaisant, mais endétruisant cette sensation, et en diminuant l’ac-tivité des fonctions digestives, qu’il engourdit etparalyse.
Il ne faut donc pas ériger en propriété utile, gé-nérale, du tabac, les services momentanés qu’il apu rendre dans quelques circonstances exception-nelles et passagères. Et il serait dangereux decompter pour apaiser la faim sur un moyen quisupprime bien la sensation, mais qui n’en détruitpas la cause, car le tabac ne nourrit pas.
Je ne sais quel écrivain a dit que le tabac avaitcet avantage de permettre à deux amis de resterdeux heures ensemble sans se parler et sansjouer.
Singulier éloge que celui-là, et qui ressemble, às’y méprendre, à une critique !
Et la critique serait bien fondée !
L’individu adonné au tabac n’éprouve plus lebesoin d’être occupé. Il a perdu le goût de l’action,du travail et des choses sérieuses : il ne se plaît quedans le rêve, dans la vague et béate extase où leplonge la fumée du tabac, dont il passe son tempsà regarder monter les spirales.
On a prouvé par des statistiques combien l’abusdu tabac nuisait au travail intellectuel, par l’obser-vation de ce qui se passe dans de grandes écoles,où le tabac a pris une large place, au détriment desétudes.
Il faut aller plus loin, De l’avisdetous les aliénistes,