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Le tabac : études historiques, chimiques, agronomiques, industrielles, hygiéniques et fiscales sur le tabac à fumer, à priser et à mâcher : manuel pratique à l'usage des consommateurs-amateurs, planteurs et débitants / Albert Larbalétrier
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LE TABAC.

avant, il nous semble indispensable d’énoncer quel-ques généralités en ce qui concerne les manufacturesde tabac françaises, nous emprunterons en grandepartie les éléments de ce travail à l’excellent Dic-tionnaire de VIndustries et des Arts industriels deM. E.-O. Lami, où cette question est admirablementbien exposée.

La ferme générale, qui fut chargée de la fabricationdes tabacs pendant les dix-septième et dix-huitièmesiècles, avait établi des manufactures dans les villessuivantes : Paris, Tonneins, Toulouse, Dieppe , Cette,Valenciennes, Morlaix,le Havre . En 1790, quand l’As-semblée nationale eut décrété la liberté de la fabrica-tion, de nombreuses fabriques s’élevèrent immédiate-mentsur tousles points du territoire; leur nombres’ac-crut avec une telle rapidité qu’en 1804 on en comptaitde 1.200 à 1.300. La fraude suivant la même marcheascendante, on du t recourir à de fortes taxes ou licencespour arrêter leur développement; on parvint ainsià faire disparaître les petits fabricants, et en 1810,il n’existait plus officiellement que 300 fabriques, laplupart assez importantes, et qui rapportaient de grosbénéfices à leurs propriétaires. C’est, raconle-t-on, lavue des diamants portés par la femme d’un des grosfabricants de Paris qui donna à Napoléon I er la penséede décréter le monopole au profit de l’Etat. La Régie,chargée, en 18 11, de l’exploitation dumonopole, aprèsl’expropriation de toutes les fabriques, ne conservadans tout l’empire que dix usines,placées à Bordeaux ,le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Morlaix, Paris, Stras-bourg, Tonneins, Toulouse .

Ces qsines eurent à fabriquer environ 10.000.000