LE TABAC.
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tement, en dégageant sa fumée à travers un liquide (1),arrêtent une large proportion des principes toxiques.Le fourneau de la pipe allemande retient la plusgrande partie des produits huileux, les pipes de terrehollandaise et anglaise retiennent moins, les pipesde métal du Thibet en s’échauffant apportent à labouche non seulement des liquides brunâtres saturésde nicotine, mais encore une fumée à une tempéra-ture telle que la brûlure de la langue peut résulterde son contact. Il faut donc que la pipe soit longue,et pour que le fumeur en soit bien persuadé, je metssous ses yeux ces lignes du D 1 ' Bouisson, empruntéesà son article « Lèvres » du Dictionnaire encyclopé-dique des sciences médicales :
« Ce n’est pas sans raison que l’énergie du langagepopulaire a qualifié du nom de brûle-gueule la pipeà tube court. Non seulement ce tube s’imprègne dela matière empyreumatique qui brunit le culot desvieilles pipes, mais il s’échauffe quelquefois à unassez haut degré pour faire subir aux lèvres une élé-vation locale de température, une sorte de brûlurechronique propre à épaissir la couche épithéliale,comme le contact des corps échauffés accroît la sé-crétion épidermique des mains chez les sujets quiexercent certaines professions. »
(l) La pipe à réservoir d’eau, appelée selon les pays ouka ou nar-guilé , a été décrite dès l’an 4600. Voici en effet ce qu’on peut liredans un livre sur le tabac publié à cette époque :
« Les Perses et les Turcs couppent du bois d’aloès des menuespièces qu’ils meslent parmi le tabac et en prennent la furnée, parune longue cannulc de lolbon (laquelle ils mettent dans l’eau froide,à lin que la fumée ainsi refroidie se porte plus facilement dans lecerveau). Aucuns y ajoutent quelques gouttes d’huile d’anis, nous enavons veu d’autres qui y meslent des doux de giroflle. »