LE TABAC.
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cède doit le faire accepter de tout le monde, mêmedes personnes qui attribuent au tabac à priser cer-taines vertus curatives ou prophylactiques.
Voici l’énumération de ces qualités réelles ou pré-tendues.
On a vu quelquefois, écrit A. Richard, des opthal-mies chroniques disparaître, des douleurs violentesde tête céder à l’emploi du tabac à priser; on peut,dit Guersent, avoir recours au tabac comme ster-nutatoire, soit pour expulser quelques membranesdéveloppées dans les fosses nasales, soit pour débar-rasser le larynx des mucosités qui pourraient y êtreaccumulées; mon excellent maître, le D 1 'J. Giraud,pensait que le tabac en poudre n’était pas à dédai-gner dans le coryza chronique et dans quelques casde surdité; le docteur Charles Gory croyait à l’effi-cacité de la poudre de tabac contre les affectionshystériques, et à sa propriété d’aider l’accouchementet de favoriser la sortie du placenta.
Je ne crois que très modérément, pour ma part, àtoutes ces belles qualités, mais je n’oserais les nier.Ce que je peux affirmer, c’est que l’habitude de prendredu tabac par le nez est, comme celle des fumeurs,exigeante, impérieuse, absolue, lorsqu’elle s’est enra-cinée dans l’existence d’un homme. Ceux, dit Sau-vages, qui ont la passion du tabac, dans le tempsmême qu’ils étudient et qu’ils sont occupés de leursidées, prennent du sable en forme de tabac, et cher-chent leur tabatière dans leurs poches, après l’avoirenfermée pour ne plus s’en servir. J’ai vu une vieillemendiante, fanatique de la prise, prendre une pincéede marc de café sur un tas d’ordure pour l’introduire