LE TABAC.
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dans ses narines. J’ai lu, dans le Journal de médecinede VAlgérie , l’histoire d’un vieux soldat priseur, qui,dans les jours de disette de tabac, prisait la cendredes pipes de ses camarades.
De l’exemple qui précède, il ne faudrait pas con-clure que les soldats font une grande consommationde tabac en poudre. La prise est, au contraire, endiscrédit complet dans l’armée française. Le D r Bo-dros, médecin major du 47 e de ligne, a interrogé unà un les hommes de son régiment, et il n’a trouvé quedix priseurs. 11 s’est alors posé cette question : Pour-quoi cet abandon générai d’une mode qui a eu d’il-lustres habitués militaires, entre autres Napoléon I er ?
« La raison en est bien simple, c’est que l’Étatborne ses libéralités au seul tabac à fumer. S’il donnaitau même prix du tabac à priser, il se créerait immé-diatement dans l’armée une forte clientèle de priseurs.Cela est si vrai que plusieurs m’ont avoué avoir cul-tivé la tabatière avant leur arrivée au régiment etl’avoir bientôt abandonnée pour la pipe ou la ciga-rette. Aussi ne voit-on jamais la prise faire naîtrela même fièvre de besoin que la pipe. »
L’opinion du docteur Bodros paraît bien fondée :la consommation du tabac augmente quand sonprix diminue, et la santé publique n’y gagne rien.
Ce que Mirabeau disait à un point de vue politique,on peut le répéter au nom de l’hygiène.
« Quel impôt plus doux pouvez-vous proposer quecelui du tabac? Il est impossible de trouver une im-position aussi équitable (1). »
(b Mirabeau, Discours sur les assignats.
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