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LE TABAC.
Le tabac à mâcher. — La chique, est l’apa-nage à peu près exclusif des marins; cependant oncite des chiqueurs très distingues, tels que le duc deMalborough, le professeur Forgel, de Strasbourg demême la princesse Caroline d’Angleterre, « la pa-tronne des arts et des sciences », mâchait aussi dutabac.
Quelle que soit leur position sociale, qu’ils soientmatelots, conducteurs d'omnibus ou ducs, les chi-queurs sont, comme les fumeurs elles priseurs, soli-dement rivés à leur habitude.
L’action de mâcher, dit Delioux de Savignac, créepar sa répétition un besoin factice, souvent impérieuxà ce point, que, le masticatoire habituel venant àmanquer, il est avidement remplacé par la premièresubstance venue, fût-elle inerte, pourvu qu’elle puisseoccuper momentanément la contraction maxillaire.Cette occupation, ajoute le même auteur, doit comptercomme l’un des éléments du plaisir que procure l’ha-bitude des masticatoires, habitude bizarre, singulière,injustifiable à certains points de vue, mais qu’il fautbien constater puisqu’on la retrouve chez tant depeuples divers ; en Turquie et en Grèce , où l’on mâcheavec passion le mastic; en Égypte et en Abyssinie,où l’on préfère le myrrhe; au Pérou, en Bolivie , oùles Indiens, de temps immémorial et sans cesse,broient sous la dent la feuille de coca; dans l’Inde orientale, où le bétel est particulièrement en vogue.
L’habitude de mâcher du tabac a pour premiereffet de donner à la bouche une odeur désagréable.
Les dents des chiqueurs se déchaussent, jaunissentet se corrodent; leurs gencives se racornissent. Il se