DES CHINOIS. 2 3îpour vivre heureux et contons ; il leur ap-prit encore que la raison dont ils étaientpourvus venaient du Tien, c’est-à-dire duCiel ; que l'homme avait été mis dans le mondepour servir le Tien ; que les fruits de la terre ,auxquels travaillaient les quatre saisons ,étaient un présent de sa bonté , dont ils de-vaient se montrer reconnaissans , en suivantles règles de la raison qu’il leur avait donnéepour guide (z).
Il leur enseigna encore la manière de tra-fiquer ensemble , par des échanges mutuelsdes fruits et des animaux dont ils vivaient,de leurs peaux dont ils se revêtaient, et illeur assigna pour cet effet le milieu du jour.Ils s’assemblaient dans une grande plaine ,pour tenir ce marché ; et afin de faire con-naître à ceux qui étaient absens ce qui s’yétait passé , il leur apprit une manière de leseu instruire par le moyen de petites cor-delettes sur lesquelles ils fesaient différensnœuds , qui, par leur nombre et leur distan-ce , leur tenaient lieu de l’écriture qu’ils n’a-vaient pas ; mais comme il ne pouvait seulvenir à bout du dessein qu’il avait formé deles humaniser entièrement, et que d'ailleurs
(i ) Hist. Géuér. de la Chine , t. I, p. 3 et 4 .