27a PHILOSOPHIE
conquérir la Bactriane. Mais connaissant lenombre et le courage des habitans de ceroyaume , sachant d'ailleurs que la nature l’a-vait rendu inaccessible en plusieurs endroits,il fit lever des soldats dans toute l'étendue deson empire. Car ayant manqué la premièrefois son entreprise, il voulut s’en assurer lesuccès par une armée à laquelle rien ne pûtrésister. Elle montait, selon le dénombre-ment qu'en a fait Ctésias dans son Histoire ,à dix-sept cent mille hommes d'infanterie, àdeux cent mille hommes de cavalerie, et àprès de dix mille six cens chariots armés defaux. Ce nombre surprendra sans doute ceuxqui n'ont vu que nos armées, dit avec raisonDiodore de Sicile ; et les mêmes objectionsont été répétées de nos jours par un écrivaind'ailleurs habile (i), mais qui ne m'a passemblé avoir assez approfondi cette question.« En effet, » ajoute Diodore, « ce nombre ne» paraîtra point incroyable à ceux qui con-» naissent l’Asie , et qui savent la multitude» d’hommes qu elle renferme. Car sans parler» de l’armée de huit cent mille hommes que
(1) Goguet, de l’Origine des Lois, des Arts et desSciences, Paris, 17S8, t. 1, p. 396.
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