DE SANCHONIATON. 385
Je suis, en effet, très-porté à croire quec’est ce mélange de faits et d'opinions, en ap-parence contradictoires , le défaut d’unifor-mité dans le stile, et le manque de continuitédans la narration, qui ont le plus contribué àfaire regarder comme supposé le fragment deSanchoniaton. Mais pour peu que l’on recher-che la cause de ces singularités, elle n'est pasdifficile à démêler. On reconnaît aisément àune seconde ou tout au plus à une troisièmelecture, qu’Eusèbe ne rapporte pas de suite letexte de Sanchoniaton, ou, pour parler plusexactement, de son traducteur , tel qu’on lelisait dans les exemplaires de cet auteur. Onvoit d’abord qu'il y entremêle assez souvent sespropres réflexions ; on reconnaît ensuite qu’ila coupé souvent la narration et rapproché desfaits qui n’étaient sûrement pas de suite dansl’historien Phénicien. Il y a aussi plusieurs en-droits où une critique tant soit peu éclairéedémêle facilement des interprétations tiréesde ces espèces de préfaces dont j’ai déjà ditque Philon avait accompagné sa traduction.Eusèbe en a inséré des fragmens dans tous lesendroits où il les a cru propres à jeter quelqueslumières. Ces interpolations, qu’il est au sur-plus très-aisé de reconnaître, nous ont fait
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