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primitive du genre humain. Leurs ouvragesont dû nécessairement être mêlés de beaucoupde fables , tant par l’obscurité toujours atta-chée aux événeinens reculés, que par le fauxmerveilleux des traditions vulgaires, dont lepropre est d’altérer les faits, et d'y joindredes circonstances extraordinaires. La critiquedoit démêler ce qu’il y a de faux de ce qu’ilpeut y avoir de vrai dans le fragment de San-choniaton. Son histoire de la création , n’estautre chose que l’extrait des anciens livresde l’Inde , dont la tradition est altérée et défi-·gurée par un écrivain qui ne s’entendait paslui-même , et qui de plus , affectait de parlerénigmatiquement, selon l’usage de tous les sa-vans de l’antiquité (i).
Quant à ce que Sanchoniaton dit du pre-mier état des hommes et des actions de ceuxqu'il regarde comme les tiges du genre hu-main , la critique relègue au rang des failles ,tout ce qu’elle trouve dans cet écrivain decontraire aux lumières de la raison. Mais cequ il dit sur l'origine des arts, ce qu il rap-porte des actions d Acmon, dOuranos, de
(l) De l'origine des Lois, des Arts et des Sciences,Paris, 1758 , t. 1, p. S7 3 et 374.