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ESSAI D’UNE NOUVELLE MÉTHODE
à cent cinquante ou cent quatre-vingts toises, sous lefeu meurtrier de cette mitraille, obstacle plus réel autravail de la sape volante que les boulets qui, à lavérité, peuvent renverser les gabions, mais qui lesatteignent rarement.
On peut s’étayer ici de l’opinion de Cormon-taingne, qui dit dans son Mémorial sur la défense,en parlant du ricochet: «C'est une des pratiques les«plus utiles que cette façon décharger le canon: quoi-«que jusqu’à présent on n’ait employé le ricochet que«pour attaquer les places, il est certainement encore«d’un bien meilleur usage pour la défense.»
Cet ingénieur recommande même de ne faire usageque de cette façon de tirer pendant la nuit, puisqu’ilest impossible de pointer le canon dans l’obscurité.Or, une batterie rasante, telle quelle est proposée,peut varier ce tir à volonté, en adoptant, suivant lescirconstances, le ricochet roide ou plongeant.
Au commencement d’une attaque en règle, lesplaces tirent beaucoup pendant le jour, et s’attachentparticulièrement à retarder l’établissement des batteriesde siège, mais leur feu se ralentit ou cesse quelquefois vers le temps de la nuit, où les assiégeants sortenten nombre de leurs lignes, pour aller creuser à dé-couvert des boyaux avancés ou une seconde parallèle :quelques coups de canon épars, tirés sur la troupe