DE FORTIFICATION RÉGULIÈRE. 45
«Nous ne croyons pas que personne puisse nous con-tester ces réflexions, en faisant attention à ce qu’on«a dû remarquer de tout temps dans les sièges.» Cesprincipes sont sans doute très justes par rapport à lafortification moderne; mais une des causes du peud’efïicacité des batteries de la défense contre celles del’attaque est précisément la nécessité où elles se trou-vent de distraire une grande partie de leur feu sur toutel’étendue des parallèles, et de n’en point conserverassez pour tenir tête aux batteries. Si, laissant à lamousqueterie et aux petites pièces légères le soin deretarder les progrès des tranchées, on concentroit toutle jeu du canon sur les batteries ennemies, pour nenégliger aucun moyen de diminuer les causes de l’infé-riorité du canon de la place, on pourroit adopter 1 e prin-cipe opposé qui paroît plus conforme à l’esprit qui doitdiriger Fart défensif, et reconnoître que les placesn’ont point de défense plus réelle que Faction de leurartillerie sur celle qui les foudroie, et que si l’équilibrepeut jamais être rétabli, ce 11’est qu’en combattantl’arme même qui réduit les forteresses, qu’on peut ten-ter d’y réussir, ou améliorer du moins Fart défensif.
Pour rétablir une égalité parfaite dans la lutte desdeux artilleries, il faut admettre trois conditions: lapremière est que la place ait assez d’emplacementpour mettre en batterie un nombre égal ou même