102 ESSAI D’UNE NOUVELLE MÉTHODE
incendier et de les détruire. Alors l’ennemi n’auroitplus un motif suffisant, et il seroit même contraire àson propre intérêt, de consumer pour cet objet sesmunitions et son temps, car une destruction lente,difficile et incertaine d’une telle ville, loin de hâter,comme on le voit souvent, la reddition de la place,seroit plutôt propre à prolonger les attaques et ladurée du siège.
Ce plan seroit d’autant plus exécutable que lesdonnées nécessaires pour résoudre le problème dela fortification ne se trouvent que dans les placesd’une certaine étendue, capables par conséquentde contenir un nombre suffisant d’habitations,quoique séparées, comme il a été dit ci-dessus,par des intervalles, des jardins, et des rues spa-cieuses.
D’un autre côté les villes d’une étendue extra-ordinaire auroient des inconvénients très préjudi-ciables, et leur construction seroit trop dispendieuse;si donc l’occasion, assez rare, se présente davoir àconstruire une place entièrement à neuf, le modèlequ’il convient de choisir, est une place qui ait lagrandeur nécessaire, pour obtenir tous les avantagesque l’art peut procurer, sans que sa trop vaste étendueentraine dans des dépenses disproportionnées avec lesfinances de l’état. La planche XIV donne le plan d’une