DE FORTIFICATION RÉGULIÈRE.
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ment et uniquement sur les cent vingt canons de l’at-taque, tandis que soixante-treize mortiers et obusierspouvoient répondre aux quatre-vingts pièces pareilles,qui garnissent les tranchées. L’artillerie légère des de-mi-lunes, et la mousqueterie des chemins couvertsétoient seules dirigées, pendant la nuit, contre lestravaux d’approche. Restera-t-il après cela assez d’ar-tillerie à l’assiégeant pour triompher des puissants obs-tacles, qui lui sont encore préparés? nous abandon-nons cette question à la décision des hommes de l’art.
Quoiqu’il en soit, supposons que l’assiégeant pour-suive son entreprise. Où trouvera-t-il un emplacementfavorable pour battre en brèche le redan coupé ? sera-ce dans la gorge arrondie de la demi-lune, qui estd’une étendue à contenir cinq à six pièces? Mais elleest contrebattue par la casemate et le front opposés,et en prise à des feux croisés, qui s’opposent à cetétablissement. Sera-ce sur le terre-plein des faces dela demi-lune ? Alors la batterie seroit prise en flancpar le ravelin, en front par la face du redan opposé,et à revers par la face du redan collatéral. Sera-ceenfin dans l’angle rentrant du chemin couvert? Mais,il est trop près du ravelin, dont on ne peut s’empareravant d’être en possession des redans.
Accordons néanmoins que l’ennemi réussira à fairecette brèche, soit par la mine ou autrement, il est
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