ESSAI D UNE NOUVELLE MÉTHODE
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seroit forcé de renoncer à ce genre d’attaque, euégard à l’incertitude du jet et aux frais dispendieux deces projectiles, ainsi qu\à la vaste étendue des fortifi-cations qu’il faudroit ruiner par ce moyen. Ce seroitd’ailleurs donner beau jeu à l’assiégé. Celui-ci, entournant toute son artillerie contre le petit nombrede pièces de vingt - quatre, auquel l’assiégeant seseroit restreint , ne tarderoit pas à l’en priver entière-ment, et retireroit ensuite une partie de son canon,qui lui seroit devenu inutile, et dont il ne peut se serviravec avantage contre des batteries de mortiers, pourl’employerplus tard victorieusement contre les travauxrapprochés et les derniers efforts de l’attaque.
A la vérité, pendant la durée d’un siège régulier, laplace seroit dans le cas de consommer beaucoup demunitions; mais si on considère que l’ennemi seraobligé à une consommation double ou triple, pourparvenir à réduire une artillerie aussi nombreuse, pardes coups toujours tirés de plein fouet, à raser desparapets et à faire au moins cinq à six brèches àdes revêtements maçonnés, cette circonstance, loind’être une objection, tournera au contraire à l’avan-tage du nouveau système. La prise de cette forteresseexigeroit une quantité de munitions si énorme, quesouvent le transport en seroit impossible, et, danstous les cas, il retarderoit d’une manière incalcu-