Au centre d'une petite rue, étroite et montueuse, située dans un desquartiers les plus humbles de Paris , se trouve une collection unique, ousont rassemblées une foule de curiosités de l'époque dont nous tra-çons le tableau. 11 semble, lorsqu’on la visite, que tous les monumentsse relèvent, que les hommes sortent du tombeau et vont parler, quetous les pamphlets recommencent à circuler. Le propriétaire de cettecollection, M. Maurin, lieutenant-colonel de génie en retraite, s’occupedepuis l’année 1820 à réunir ces matériaux. Il a ramassé les miettes del’or{;ie révolutionnaire, et a porté défi au temps. La première fois quenous sommes entré dans ce sanctuaire historique, le plan de notre livrea été conçu et adopté. Nous avons pensé qu’au milieu des débats quis’alitent encore aujourd’hui parmi les historiens de la révolution, ilimportait de mettre sous les yeux des générations présente et futuresles pièces de conviction du procès, et de narrer simplement, lorsquetant d’autres ont plaidé pour ou contre la cause révolutionnaire. Nousavons aussitôt commencé nos recherches.
La bibliothèque royale est assez riche en estampes de l'époque, maisses livres et brochures ne sont pas encore classés. Les collections parti-culières sont plus complètes, et nous ne manquerons pas de citer cellesîle A1. Laterrade, de AI. Hénin, de M. le chevalier Pétrée, la magnifiquebibliothèque de AI. Deschiens, et plusieurs autres cabinets où il nous aété possible de puiser des renseignements.
Nous remercions ici les personnes qui nous ont ouvert les trésors deleurs collections, et nous leur attribuons volontiers une grande part dusuccès qui a accueilli cette histoire dès son apparition.
Populariser ces matériaux était chose indispensable. La générationqui a fait la révolution française est bien près de s’éteindre. Une autregénération lui succède, et doit, de toute façon, profiter de son œuvre.Mais, lorsque les hommes d’aujourd’hui jettent leurs regards sur cepassé mémorable, ils épousent les erreurs, les haines ou les passions deleurs pères, aveuglément, fatalement. Notre but est de redonner à la