VI
Révot.i TION, — fantôme ou idole j ns<|ii’ici, — sou corps et sa physiono-mie. Nous interrogeons les témoins de sa vie, et nous rapportons leursdépositions avec un religieux scrupule.
L’histoire, comme l'ont traitée (-eux cpii nous ont précédé, ressembleaux récits de la tragédie; l’histoire, comme nous la comprenons, commenous essayons de la faire, c’est le drame, — avec ses personnages, avecsa mise en scène minutieuse et vraie, et, pour ainsi dire, avec ses déco-rations.
Au théâtre donc, la couleur locale est indispensable. Il nous sembleque, non seulement les faits et les événements, mais encore? les cou-tumes, les innovations, les fêtes, les monuments artistiques ou litté-raires, les médailles, les caricatures, les modes et les costumes de l’é-poque forment, eux, la couleur locale de ce drame aux mille scènesqu’on nomme l’histoire. Sans doute il v a choix à faire pour éviter laconfusion. Nous nous supposons peintre-coloriste dans ce livre : nousne prenons sur notre palette que des tons vifs, saisissables, éclatants. Lesdemi-teintes sont presque superflues. Quand la mer se débat sous lessombres ailes de la tempête, et que, du port, nos yeux découvrent untrois-màts en détresse, nous devinons assez le sort des chasse-marées,des sloops, des bafeaux-pêcheurs !
Les portraits que nous donnons sont, |>our la plupart, satiriques, élo-[lieux ou historiés, c’est-à-dire accompagnés d’accessoires et emblèmescurieux. Nos fac-similé d’autographes servent à l’intelligence de l’his-toire elle-même, et sont comme une émanation des personnages dutemps.
Ce livre est publié avec des illustrations ; mais le lecteur n’oublierapas que ces illustrations sont utiles, et non inspirées à l’artiste par letexte de l’historien. Llles sont des reproductions intelligentes de sujetsde l'époque. Illustrations utiles, disons-nous, car elles appartiennentà l’histoire, et en forment tout le côté pittoresque.
Un mot maintenant des causes qui ont amené la révolution.
On sait que la bourgeoisie, qui commença à se connaître vers le milieudu moyen âge, acquit de jour en jour plus de force et plus d’autorité.On sait qu’elleeut pour parrain Louisle Gros, et pour protecteur immé-diat Louis XI ; que Richelieu lui fit faire cause commune avec la royauté.Louis XIV , en appelant la noblesse près de lui, en transformant leschevaliers en gentilshommes, ôta à ce grand corps politique le peu de-