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Ml.MST EUE M.CkEll.
(1788)
dcnce criminelle. On lira (les pétards ; on cria : Vire Henri JY ! au diableLamoignon! puis on procéda à l’exécution : le duumvirat Brienne et Lamoi-gnon n’existaient plus.
Quelques autres ministres occupèrent un moment la scène politique, sanspouvoir y prendre pied, sans pouvoir y conquérir la moindre influence. Levœu général appelait aux affaires Necker, favori des beaux-esprits et desbelles dames. N'avait-on pas vu, après son renvoi, la timide duchesse deLauzun attaquer, injurier à la promenade un individu qui s'avisait de malparler du grand économiste qui lui, au moins, n’était pas Anglais *. La reineelle-même, faisant (aire ses inimitiés pour le Genevois, pour le charlatan,comme elle disait, s’était chargée de lui apprendre son rappel.
Il revient ! A celte nouvelle l’enthousiasme est à son comble : les hommmesde goût, dans leur joie, composent les allégories les plus touchantes, misesen action par le burin. Necker ramène l’abondance ; il est l’espoir des Fran-çais ; les mauvais génies fuient à sa vue. Chacun lui rend un hommage sin-cère, et le félicite de son heureuse administration. Il est représenté sous laforme d'un fleuve bondissant d’une grange; on lui dédie une foule d’odes;son portrait est partout, sur les tabatières et jusque sur les boutons d’ha-bits **. La ville donne des fêles et crée une rue Necker. Le relevé des mé-dailles frappées en son honneur monte à quatorze. On remarque surtoutalors une gravure curieuse. Un pauvre homme du peuple, conduit par unenfant, s’avance vers une jeune dame à sa croisée. Elle lui jette quelque*écus en disant : « Tiens, petit: voilà pour des fusées. » — Et l’enfant : « Dieu vous les rende, belle dame ! » le tout accompagné de : Vive le roi, vive leparlement, vive M.Necker***!
N'esl-ce pas vraiment le phénix qui renait de ses cendres? Il commenceses travaux, fait rapporter la malencontreuse ordonnance des deux cin-quièmes de papier, et les Etats-Généraux sont décidés, toujours pour aviserau relèvement des finances.
Necker était porté au ministère par la presse; il n’est donc pas inutiled'examiner l’étal où se trouvait ce puissant moteur politique.
Depuis long-temps une foule d écrits paraissaient.Leséditeurs les portaientdans les maisons particulières; ils les étalaient dans les vestibulesdc la mai-son des grands de l'État et jusque dans l’enceinte du palais du roi ****. Main-tenant, c’est plus encore : nous approchons de l’année 1789. Il s’est formé