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Tome premier.
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1.01 MARTIALE.

(octobre 1789)

faits, la somme d'autorité de tous les pouvoirs existants alors en France . Ilsait que l'Assemblée nationale, siégeant à Versailles , se trouvait, par sa po-sition topographique, éloignée du théâtre des événements. A l’époque de,sa translation à Paris , elle eût pu ressaisir une influence directe sur lesmasses, puisque la commune s’était déjà rendue impopulaire. Mais elle pritune route bien opposée. Certainement, aux yeux du peuple, la loi martialeétait plus terrible que la création d’un comité des recherches. La discussionqui la précéda parut déplacée : c'en était fait de Mirabeau qui l’appuya.

Comme corollaire à la loi martiale, qui réglait les opinions par labayon-nette, l’Assemblée fit connaître un projet de décret qui réglait par l'argentles capacités électorales. Son dernier mot était l'impôt d’un marc d’argent,c’est-à-dire, de huit écus de six livres trois dixièmes. A la séance même oùcette question fut agitée, un membre du coin du Palais-Royal , Prieur de laMarne , prononça cette phrase remarquable : « Substituez la confiance aumarc d’argent. » L’Assemblée ne fit pas attention à ces paroles, pourtant ellemodifia le projet.

Camille Desmoulins formula ainsi son opinion dans son journal : « Pourvous, ô prêtres méprisables ! ô bonzes fourbe* et stupides ! ne voyez-vouspas que votre dieu n’aurait pas été éligible? Jésus-Christ, dont vous faitesun dieu dans les chaires, dans la tribune vous venez de le reléguer parmila canaille. » — Prieur, avec sa phrase concise; Camille Desmoulins , avecsa sortie incendiaire, avaient, en définitive, remporté la victoire. L’opinionpublique admit leurs principes sur le décret du marc d'argent, qu’elle per-sonnifia ainsi :

Ou bien par une gravure avec un àne portant un marc.