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Tome premier.
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MEURTRE I>K FRANÇOIS.

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(octobre 17S9)

aux yeux de bien des personnes, perdre son prestige; elle allait subir l'in-lluoncc directe des clubs, ses satellites. Pour ses premières séances, lesalentours de l'archevêché lurent couverts de soldats. Précautions inutiles,précautions funestes, qui amenèrent des rixes, des tumultes, et le meurtred'un boulanger nommé François. Cel homme, qui habitait la Cité, fut accuséd’accaparement, et pendu le 20. Son innocence étant reconnue, son bour-reau fut condamné et exécuté le lendemain ; Louis XVI et Marie-Antoinette prirent sa veuve sous leur protection ; la reine tint son enfant sur les fontsde baptême.

Ce meurtre du boulanger François, commis par des malfaiteurs, motivala création d'un Comité des recherches, destiné à recevoir régulièrementles dépositions et les dénonciations de trames ou de complots, et qui n élail,osa-t-on dire, que la tyrannie organisée *; ses membres, ajoutait-on, étaientdes inquisiteurs, des soi-üisants (patriotes), lie plus, les boulangers furentsoumis à un réglement : l'heure des cuissons, les époques et le total desdistributions étaient indiqués.

Pour l'Assemblée nationale , elle corrobora les mesures prises par l’Ilê-lel-de-Ville, en décrétant la loi martiale contre les attroupements. Mirabeauen fut l’auteur.

La proclamation de cette loi a été faite avec un appareil imposant et si-nistre à la fois. Le 22, à huit heures du matin, les huissiers de l’IIôtel-de-Ville, en costume de cérémonie, avec leurs riches manteaux, se promenè-rent de place en place, de carrefour en carrefour. Ils étaient à cheval ;chacun d’eux avait pour escorte un sergent et quatre gardes des villes, revê-tus aussi d’un costume antique, précédés et suivis d’un détachement de ca-valerie. Devant eux marchait un corps d’infanterie, rangé sur deux files ,de chaque côté de la place où ils s'arrêtaient; et, toul-â-fait en tête, setrouvaient les tambours à pied et les trompettes de l’IIôtel-de-Ville à che-val. Au moment de la halte et de la proclamation, les tambours etles trom-pettes convoquaient les passants. Enfin, un huissier s’avançait et lisait, àhaute voix, les dispositions de la loi. Elles consistaient dans trois somma-tions, après lesquels le canon d’alarmes devait être tiré, le drapeau rougearboré sur la maison commune, et celte phrase prononcée fort solennelle-ment : On va faire feu! que les bons citoyens se retirent! — Cette cérémoniedura depuis huit heures du matin jusqu'à deux heures après midi : elleeffaroucha tellement les esprits, que les trois cents craignaient d'en êtreréduits à faire usage de la loi martiale dans les vingt-quatre heures".

Ici le lecteur se rappellera que nous avons fixé plus liant, d’après les

* Mémoires lires des Archives delà police, par IVuchel, tome 4 .

" Ces appréhensions sont consignées jusque dans les procès-verbaux de la Commune.