DÉFAITE DES ROYALISTES.
(mai 1790)
98
Nous assistons à l’enfantement de la république française. Elle est mili-tante, mais elle est constituée en un parti opiniâtre, qui se recrute de jouren jour, et met à profit les moindres fautes des gouvernants.
Sa première victoire est un décret de l’assemblée nationale qui donne àla nation le droit de faire la paix ou la guerre. Alexandre Lameth le provo-qua, et la discussion s’établit entre Mirabeau , qui défendit les prérogativesroyales, et un jeune avocat, nommé Barnave , qui soutint la cause du peuple.Les camps opposés s’obstinèrent dans leurs opinions. Barnave resta maîtredu champ de bataille. Le lendemain, 22 , on criait dans les rues la grandetrahison de Mirabeau .
Les espérances des amis de la royauté allaient s’évanouissant; aussi àtout moment des défections s’opéraient au sein de l’assemblée, peu à peudominée par le côté gauche. Mounier, Lally Tolendal, Mirabeau cadetétaient partis, se moquant de tous les quolibets répétés à propos de leurfuite. Mounier, soi-disant, courait à travers champs, à cheval sur unelanterne, et Mirabeau cadet avait emporté parmi scs bagages les cravatesdu régiment qu’il commandait. Il reçut deux surnoms : Riquetli-Cravatte,à cause de son prétendu vol, et Mirabeau-Tonneau , à cause de son embon-point. Camille Desinoulins, dans ses Révolutions de France et de Rrabant,fit graver de la sorte le portrait de Mirabeau.
-r ■ nvj
«Sis
Avec autant de matières on peut faire de bons déjeuners.