PROJETS UE FÉDÉRATION.
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(juin 1760;
journal monarchique ayant pour titre les Dêjeûners *; il passait en outrepour aimer beaucoup la bonne chère.
D'autres députés se retiraient dans leurs campagnes. « Chaque jour, ditavec raison M me de Verle-Allurc, quelque membre de l’assemblée, soit sousprétexte de maladie, soit en alléguant des affaires, demande un congé.Mille noms d’un amour! si des femmes se conduisaient ainsi, on les traite-rait d’inconséquentes. Une femme sera déshonorée pour, au bout de dixmois, et souvent davantage, donner une légère atteinte au serment conju-gal ; et des députés de la nation, des législateurs fiançais, ne rougissentpas d’oublier le fameux serment du Jeu de Paume** ! » Cette boutade, tellecomique, telle étrange qu elle puisse paraître dans la forme, a le mérited’être au fond d’un sens rigoureusement vrai. Comment ne pas dénoncerl’indifférence de certains députés, alors que les partis s’agitaient le plusviolemment? —L’assemblée intervint, et se fit justice elle-même, en lan-çant un décret qui privait les absents de leur traitement.
Cependant, le 5 juin, croyant le moment propice pour ses vues, le ducd’Orléans revint à Paris de sa mission, ou plutôt de son exil en Angleterre.A peine fit-on attention à son retour : le parti orléaniste avait tant été dé-bordé par le parti républicain ! On ne lui offrait plus le trône vacant, commeune année auparavant. Il ne pouvait que se trouver isolé avec quelques amis;et, ne pouvant non plus revenir sur ses premiers actes, il allait bientôt êtreforcé dese jeter dans le courant révolutionnaire, à la remorque des autrespartis. Son arrivée coïncida avec une motion célèbre de Bailly qui, dansla môme séance où le duc d’Orléans parut à l’assemblée, proposa le pland’une grande fédération générale entre les gardes nationales du royaumeet les troupes de terre et de mer. Il était en effet d’un mauvais exemple dela part de.rassemblée de laisser les différentes villes se fédérer en parti-culier, sans joindre ensemble par un lien commun tous ces faisceaux divers.Paris ne devait pas rester en arrière d’Orléans , de Troyes, de Dijon et deLille .
Le mot fédéré veut une histoire, plutôt qu*une définition. Il existait àl’étranger plusieurs gouvernements fédératifs, ou alliés entre eux pourleur sûreté commune, mais régis par des lois qui leur étaient propres. Cen’est pas avec cette idée-là que Bailly présenta son projet à l’Assembléenationale. Il voulait tout simplement unir les citoyens par des liens frater-nels, et rassembler toutes les gardes nationales sous le même drapeau.Mais cette partie armée de la nation avait des ennemis acharnés, à la tête