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Tome premier.
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(juillet 1790) UL'EllRE CIVILE ET ÉTHANOÈnE H1

On dil que le Carillon national fut composé pur Dupuis, auteur de l’Ori-gine de tous les cultes, et que les paroles furent adaptées à un air favori deMarie-Antoinette *. D autres chansons furent aussi composées expressémentpour le jour de la fête ; presque toutes plaisantent, narguent, menacent lesnobles et les prêtres Le malin du 14 juillet, il pleuvait à verse : quelquesgens disaient que les ennemis de la liberté avaient fait une neuvaine pourobtenir du mauvais temps par leurs prières; que les ondées qui se succé-daient étaient des larmes d'aristocrates, par eux versées à la vue de la joiegénérale; que le ciel lui-même était aristocrate. Comme il tomba cinq aversespendant la cérémonie, on les qualifia A'Orage aristocratique en cinq actes.Méditons, notamment, ce quatrain sur la fédération, récité au club de 1789:

Au quatorze juillet, grand’fète à célébrer IMais ce beau jour passé, le lendemain que faire ?

Que faire...? nous irons, sans deuil, sansfrais, leverDe l'Aristocratie un extrait mortuaire”.

Certes, on était en bon chemin pour cela. La politique se brouillait, et lacérémonie du quatorze juillet se passait à l'instant même où deux faitsextrêmement remarquables s’accomplissaient à leur tour, et allaient provo-quer, l’un la guerre civile, et l’autre la guerre étrangère. Il s’agit de laConstitution du clergé, et des progrès de l’émigration.

Camus, pieux jansénisle, aidé de ses amis politiques, avait, dès le com-mencement de juillet, provoqué la régularisation du lemporel de l’église.C’était, de sa part, pouvait-on croire, uniquement zèle religieux. Il cher-chait à meltré le clergé en communion d’intérêts avec le peuple ; et, pourcela, il demandait une réforme temporelle. Le côté droit vit dans la motionde Camus un moyep par lui employé pour servir la cause de la secte deJansénius . Il la repoussa de toutes ses forces. Le 12, néanmoins, le projetde Camus fut adopté dans sa plus grande partie. Circonscrire les limitesdes diocèses, proclamer l’élection populaire des ecclésiastiques, supprimerle casuel des évéques et des curés en leur affectant un traitement fixe : telétait ce décret fameux, connu sous le nom de Constitution civile du clergé-Les prêtres s’abandonnèrent à une désolation indicible, et ne tardèrent pasà se dire persécutés, parce qu’on les mettait au rang des salariés..Inu-tiles doléances Iles citoyens, eux, ne voyaienl dans ce faitque la distinctiondu temporel d’avec le spirituel, puisqn’aucune atteinte n’était portée audogme, ni môme à la discipline fondamentale de l’église. Louis XVI en

Voir Encyclopédie des gens du monde, i. vu (arlicle Déaddé).Recueil de vers pairioliqucs, tiré du cabinet de M. Maurin.