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Tome premier.
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HEVCE DE L’ANNÉE.

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(décembre 1790)

chards *, et cela avec preuves irréfragables ; et que l'assemblée, par son dé-cret sur J.-J. Rousseau, s’était traînée à la remorque des idées du jour**.

Faisons maintenant un retour sur l’année qui vient de s'écouler. Exa-minons l’état des mœurs, de la littérature et des modes. Toute la matièrede ce chapitre nous y amène sans le moindre effort. Le club des amis de laviriti nous a montré la politique par son côté ridicule; les duels nous l'ontmontrée sous son côté exclusif et irraisonnable. Le serment du clergé adonné à la révolution la couleur d’une querelle religieuse. Nous allons voirquel pas a été franchi, et nous laisserons au lecteur le soin de comparercette revue de 1790 à celle de 1789.

Des tribunaux de commerce avaient été établis dans presque toutes lesvilles de la France , divisée en départements. La ruine des parlements etdes cours de justice avait été consommée. Une nouvelle organisation judi-ciaire s’opérait, par la création des juges de paix, des tribunaux concilia-eurs, et d'un tribunal suprême de cassation.

* Le nom de maréchaussée avait été changé en celui de gendarmerie na-tionale.

Les jurandes et les maîtrises avaient été abolies, et remplacées par lespatentes.

Il y avait eu suppression totale des ordres de chevalerie, et pourtant lescroix de Saint-Louis élaient prodiguées ***.

L’égalité des poids et des mesures, l'égalité dans le partage des succes-sions était reconnue.

Plus de droits d'aînesse, ni de droits seigneuriaux, ni de droits d'au-baine.

Les ecclésiastiques étaient exclus dorénavant des fonctions publiques,jugées incompatibles avec leurs devoirs de prêtres; et un décret avaitporté le dernier coup à leur pouvoir temporel, en déclarant que le mariageaux yeux de la loi n’était qu’un simple contrat civil.

Plusieurs associations importantes prospéraient, entr’autres la société desinventions et découvertes , celle des nomophiles, et la société fraternelle des hal-les- Les théâtres étaient très fréquentés ainsi que les cafés, notamment lecafé Beaucaire , sorte de buvette où se rendaient les jacobins.

Les gravures obscènes, les ouvrages licencieux s’étaient accrus d'une fa-çon effrayante. Les doctrines les plus subversives étaient acceptées : desécrivains expliquaient la différence existante entre le régicide et le tyranni-

* Il faut tire, sur ce décret, les réflexions de Marat, dans son journal, l’Ami du Peuple .

Déjà le théâtre de la Ration avait offert à la veuve de J.-J. Rousseau déjouer à son béné-fice.

*“ Révolutions de Paris. On appelait les décoré» chevaliers de !20 livres (S louis).