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Tome premier.
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ÉTAT DBS CLUBS.

(année 1790)

eide. 11 se répandait des idées de divorce et d'émancipation pour les dames,auxquelles on avait dédié le journal le Lycée des femmes *, entièrement vouéà la défense de leurs intérêts.Uue actrice patriote, Rose Lacombe , avait fondépour elles un club quelle présidait**. Elles portèrent des coiffures à lanation et aux charmes de la liberté.

Il n’était bruit que de Rousseau et de Voltaire ; nombre d’abbés prê-chaient des sermons patriotiques ; et, conséquemment, beaucoup d’églisesétaient déjà interdites au culte catholique. On comptait dans Paris quinzecents maisons de jeux, et les lieux de débauche affluaient de toutes parts.Néanmoins, la municipalité avait cru devoir faire cesser les combatsdu Taureau, comme « déshonorant les lois et les mœurs d’un peuplelibre ***. »

La politique agrandissait toujours son domaine. Souvent, lorsqu'unequestion intéressante devait être débattue à Rassemblée nationale, lepeuple passait la nuit aux portes de la salle pour pouvoir s’y introduiredès l’ouverture****. Aussi, les émeutes devenaient périodiques, et il arri-vait fréquemment qu’on insultât un homme, à la promenade ou en pleinthéâtre, à cause de ses opinions politiques. Par prudence, les épées ni lescannes n’étaient plus tolérées dans les spectacles. L’abbé Maury ne sortaitqu’incognito, pour ainsi dire. C’est que les peurs paniques avaient fait placeà des appréhensions presque toujours fondées. Les vols à main armée, lesmalversations des fonctionnaires publics, les faux en matière de commerceet de billets, les incendies des céréales, les assassinats, étaient en grandnombre.

Les clubs se préparaient à une guerre active les uns contre les autres. Laplupart des vainqi eurs de la Bastille se réunissaient, sous la présidence dubrasseur Sanlerre, malgré la défense de Lafayette**♦**. Jusqu'alors l’ini-mitié la plus déclarée existait entre les Monarchiens et les Jacobins : celatenait, non seulement à la divergence de leurs opinions, mais encore, etsurtout, à leurs manières et à leurs habitudes antipathiques Les Cordelierset les Jacobins comptaient dans leurs rangs Maral, Robespierre , CamilleDesmoulins, Fabre d Eglantine, etc. Ils étaient les plus ardents de tous lesclubistes. Leur énergie devenait notoire et proverbiale. Le Jacobin, auxyeux de ceux qui aimaient la tranquilité , était nécessairement un hommeabsorbé par la politique, dont le portrait en pied ressemblerait à ce dessin

* Journal de Paris. Les avis pour la création de ce journal sont tout-i-fait étranges.

•• Plus tard, Rose I.acombe présida ce club, coiffée d un bonnet rouge.

*** Cette suppression date du 10 septembre 1700.

■"* Essai sur la Révolution française , par Beaulieu.

•**’* Le Journal de Paris imprima la défense formelle de Lafayette.