PROPAGANDE.
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(juin 1791)
deMéricourt, qui s’en était allée prêcher l'amour de la liberté sur les fron-tières belles, avait bien été arrêtée et emprisonnée à Vienne , par les or-dres de l'empereur d’Autriche *, mais elle avait avec elle de bons amis,décidés à continuer jusqu’au bout l’œuvre d’affranchissement des peuplesesclaves. La guerre, c’est le fer ; la propagande, c’est le feu : — et l’un mar-che plus vite et fait plus de mal que l’autre. Aussi la France redoutaitpeu ses ennemis. Elle tenait à garder Louis XVI chez elle, d’autantplus qu’il était question d’un voyage du comte d’Artois à Bruxelles , pourse concerter avec le marquis de Bouillé, et pour se joindre à l'émigration.Sans doute, elle savait bien que le prince de Condé ne cessait d’enrôlersous ses drapeaux, malgré le décret qui lui ordonnait de revenir en France avant quinzaine. Mais elle l’avait néanmoins surnommé le général faïence,c’est-à-dire facile à mettre en pièces. Envers et contre sa devise héroïque :vaincre ou mourir, les patriotes ne le craignaient pas. Son armée, préten-daient-ils, était formée de soldats de plomb ; un chien pouvait aisément enrenverser vingt d’un coup de queue , et il en tenait dix mille dans unecaisse**. Le théâtre Molière joua la grande revue de l’armée noire et blanche,mélodrame-parade en un acte, parodie d'une farce. Les émigrés, on s’at-tendait à les voir rentrer en France sous peu de temps. C’est ce qui avaitinspiré l’idée'd’un jeu de Yémigrcttc, fort en vogue à ce moment-là.Ce nouveaujeu se composait d’une espèce de roulette, suspendue à un cordon au moyenduquel on la faisait sans cesse descendre et monter sur elle-même***. Auxportes des boutiques, aux fenêtres, et dans les salons, à toute heure et par-tout, les femmes et les enfants s’en amusaient.
Un fait occupa les esprits pendant plusieurs jours. L’abbé ltaynal, auteurde YHistoire philosophique des Deux-Indes, finit sa carrière en reniant sesécrits par une adresse envoyée aux députés de l’Assemblée nationale.Cet acte incroyable ne produisit pas l’effet qu'on en attendait, et le philo-sophe n’y gagna que des sarcasmes. Selon une caricature, il était en délire,et il allait renverser avec les grelots de la folie son œuvre littéraire figu-rée par un château de cartes ****.
Tout ceci nous a conduit jusqu'au lOjuin, jour mémorable. Louis XVI ,froissé dans ses croyances, dans ses désirs, dans ses plans de politique,Louis XVI, qui est retenu prisonnier aux Tuileries et au Louvre — nousne le nierons pas, — Louis XVI , auquel on a retiré jusqu’au droit de grâce,
• L’Orateur du Peuple, journal.
** Ces différentes plaisanteries ressortent des caricatures les plus remarquables publiées controle prince de Condé.
, ■" Essaiisur la révolution, par Beaulieu.
”” Cartons de la bibliothèque royale.
T. I.
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