Band 
Tome premier.
Seite
149
JPEG-Download
 

(juillet 1791)

CORTÈGE DE VOLTAIRE.

U9

aristocrate » qui, pour retarder le triomphe du grand homme, de l'incom-parable Voltaire , rival et vainqueur de la divinité, versait des torrents depluie*. Mais un voltairien fit cette réponse à ceux qui prétendaient ne voirdans son héros qu’un « écrivain frivole, irréligieux et corrupteur : »

.Il est encor des barbares

Dans le sein même de Paris ;

Des pédans jaloux et bizarres,Insensibles aux bons écrits ;

Des fripons aux regards austères,Persécuteurs atrabilairesDes grands talents et des vertus ;Et si dans ma patrie ingrateTu rencontres quelque Socrate,

Tu trouveras vingt Anitus **.

Quoiqu’il en soit, la cérémonie de la translation des cendres de Volaire an Panthéon , compte parmi les plus fameuses fêles de la révolution. Soncorps fut apporté de Romilly à Paris , et déposé un jour et une nuit surl’emplacement de la Bastille. Nous allons maintenant voir passer le cortège,grâce à une garniture de boutons, conservée jusqu’à nos jours. Elle leretrace tout entier, et d’une façon toute pittoresque. Au reste, nous nereproduisons que les matériaux les plus curieux, en les accompagnantd’une description écrite.

En premier lieu, défilaient les sapeurs; venait ensuite le bataillon desenfants de la garde nationale. Les clubs suivaient immédiatement chacunavec leur bannière; puis une compagnie de maçons;

■ Voyez le journal monarchique l’.Oni (lu roi.

" Réponse d'un ami des grands hommes aux envieux de la gloire de Voltaire , brochurepar Gudin. 1791.