Band 
Tome premier.
Seite
153
JPEG-Download
 

3 e ET 4 e STATIONS.

153

( juillet 1791)

Sur «ne estrade, dressée en manière d'amphithéâtre, étaient rangées cin-quante jeunes filles \ètues ainsi, et parmi lesquelles se trouvaient les deuxfilles de Calas.

Devant l’hôtel, madame de Villette baisa la main de Voltaire aux applau-dissements unanimes des assistants; et bientôt, on chanta en chœur uneode de Chénier, musique de Gossec .

Le cortège se remit encore une fois en marche, et fit au Théâtre de laNation * sa station troisième. Là aussi, des testons, des draperies, desguirlandes. Sur le fronton, on avait écrit :

Il fit Irène à quatre-vingt-trois ans.

« A l'arrivée du cortège, dit un historien, le vestibule, que fermait unedraperie, s'ouvrit, et montra, dans le fond, la figure en marbre de Voltairetoute resplendissante de lumières, llientôt, on vit les principaux person-nages dramatiques qu’il avait mis en scène, venir, dans leur costume etavec tous leurs attributs, rendre leurs hommages au génie créateur qui lesavait si dignement représentés. Urutus lui offrit un faisceau de lauriers;Orosmane, les parfums de l’Arabie; Alzire, les trésors du Nouveau-Monde ;Nanine, un bouquet de roses; et, pendant cette scène de la reconnaissance,une musique délicieuse exécutait, à grand orchestre, les chœurs de l'Opérade Samson **. » —Ces diverses stations avaient tant prolongé la marche,que la nuit tombait lorsque l’on n’était encore que devant l'Odéon. Lechar arriva à dix heures du soir au Panthéon , à la lueur des flambeaux etdes illuminations.

Le triomphe de Voltaire a élé, comme on a pu le voir, une fête payenne.

Maintenant l’Odéon . C’était alors un second Théâtre-Français.Journées mémorables de la révolution française, To me v.