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Tome premier.
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UÎG PRESSENTIMENTS DE LA REINE. (juillet 1791)

prises à l’effet de prévenir toute fuite ultérieure de la famille royale. Al'avenir, uncomniandant de bataillon devait passer la nuit dans le vestibuleséparantle salon d’avec la chambre à coucher deMarie-Antoinetle.Un égoût,portant les eaux du château à la rivière, fut bouché *, et on alla mêmejusqu’à vouloir murer les cheminées. Ainsi agissait l'assemblée, qui cher-chait cependant à laver le roi de sa faute.

Le peuple était exaspéré. Pour lui, Louis XVI n’était plus qu'un ci-devantroi, un tyran. Il aimait à ravaler tout ce qui touchait à la personne dumonarque; aussi ne tarda-t-il pas à applaudir avec frénésie une pièce del'Ambigu-Comique ayant pour titre : La Journée de Varennes ou le maîtrede postes patriotique, et à chanter une chanson dont le refrain était :

Ah ! il t’en souviendra,

La ri ra!

Du retour de Varennes !

Une caricature fut intitulée : La trouvaille du 21 juin. Un homme ramassepar terre de la monnaie à l'effigie de Louis, de Marie-Antoinetle, du Dau-phin, etc., et dit : a Au lieu d'un (résor ne voici qu'un gros son e( quelquesmauvaises pièces. » D’autres représentèrent, soit l'aveugle mal conduit, soitla famille des C.... ramenée à l’étable, soit le portrait de Louis XVI , en vilanimal domestique. Une enfin disait : Il a tout perdu au 21... juin 1791**.Falaljeu qui lui fit perdre une couronne!....

Les cheveux de la reine avaient blanchi depuis cette pénible journée! Elledevint horriblement triste, et se soumit toute entière à la puissance despressentiments. Elle se rappela qu’elle était née le 2novembre 1755, le jourdu tremblement de terre de Lisbonne ; que madame Lebrun avait fait sonportrait en lui donnant une pose semblable à celle d’IIenriette de France ,femme de Charles I er , décapité, ; que son royal époux, lors dn sacre, avaitdit, portant la main à sa couronne « Elle me gêne.» Chaque jour, notam-ment, un fait sinistre et plus récent lui revint à la mémoire, a Un soirqu’elle était à sa toilette, quatre bougies se trouvaient placées près d’elle. Lapremière s’éteignit d’elle-même; on la ralluma; bientôt la deuxième, puisla troisième s’éteignirent aussi; alors, la reine dit avec un sentiment d’effroi:Le malheur peut rendre superstitieuse; si celte quatrième bougie s'éteintcomme les autres, rien ne pourra m’empêcher de regarder cela comme unsinistre présage. ■ Or, la quatrième s’était éteinte comme les autres ***. C’est à

' Voyez l’Ami du roi, journal.

** Histoire delà Caricature, par Boyer deNtsmes, et Bibliothèque royale.

La plupart de ces pressentiments sont relatés dans les liemoires de madame Campan.