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DÉCLARATION DE PILNITZ.
(aoûl 1791)
celle scène épouvanlable le résultat d’une irrilation extrême chez les par-tis opposés; et, quoi qu’il en soil, la municipalité, corps constitué, auraitdû, ce semble, agir avec plus de prudence, au lieu d’abuser de sa supé-riorité.
Voyons l’effet produit dans le public par la journée du 17 juillet.
Camille-Desmoulins envoya immédiatement à Lafayette sa démission dejournaliste, en lui disant :
Nous avions tort, la chose est par trop claire;
Et vos fusils ont prouvé cetle affaire.
Aussitôt, la municipalité défendit de crier dans les rues l’Ami du Peupleet l'Orateur du Peuple *.
Dans une caricature, Lafayette est appelé l’ épouvantail de la nation ; dansune autre, on voit l’autel de la patrie entouré de citoyens, et Lafayette ditaune troupe de dindons bottés, portant un drapeau, sur lequel on lit : motié,et attachés par une niasse de légers fils à la queue du cheval du général.En bas est écrit ; Songez qu'il faudra du courage pour tuer ces gens-là**.Une dernière a pour titre le roi soliveau, ou les grenouilles qui demandentun roi. Bailly porte le drapeau de la loi martiale; Lafayette dit : Je tendsmes filets. Il aune lanterne pour décoration. II est superflu d’indiquer quellepersonne figure le roi soliveau.
On donna au Champ-de-Mars , de funeste mémoire, le nom de Champ dumassacre, jusqu’au moment môme où Bailly paya de sa tôle la résolutionqu’il avait prise au 17 juillet.
Le fatal drapeau rouge flotta pendant plus de quinze jours au faîte deriIôtel-de-Ville; le6 août, seulement, on lui substitua un drapeau blanc,en signe de calme et de sécurité. Pourtant,—hâtons-nous de le faire com-prendre,— les épées ne frappaient plus, niais elles n’étaient point encorerentrées dans le fourreau ; le parti républicain prit tout haut, et longtemps,la défense de ceux qui avaient réclamé la suspension de Louis XVI ; le particontre-révolutionnaires’applaudil du déploiement du drapeau rouge, parceque cet événement jetait la désunion dans les rangs de ses adversaires. Lesémigrés avaient plus de morgue encore, et riaient d’un décret rendu pourentraver leur fuite. Us provoquèrent immédiatement le fameux traité deI’ilnilz***, par lequel l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse déclaraientfaire cause commune avec le roi de France , et devoir « agir promptement,