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la constitution est décrétée, (septembre 1“H1)
C’en est fait, Louis XVI est maintenant en opposition directe avec lesvœux du peuple français . De chancelant qu’il était, son pouvoir devintnul. La guerre et la constitution ! voilà le cri de la France ! La guerre, vason train; la constitution approche de son heureux avènement.Nous pouvons,au reste, avec le secours des figures et des allégories, commenter l'opinionpublique sur ce sujet. Certaines gens, ceux qui espéraient le plus en laconstitution, craignaient de la voir s’évanouir comme tant d’autres promes-ses! llélas ! s'écriait la Devideuse patriotique :
llélas! plus je travaille, et plus cela s’emmêle;
Ne pourrai-je jamais dévider tout ce fil,
Sans qu’un noble ignorant, et un abbé subtil,
Secondent contre moi le diable qui s’en mêle * ?
Ceux qui la redoutaient, c’est-à-dire le clergé et la noblesse , espéraientne la voir jamais venir. Le clergé regardait la constitution avec un micros-cope , et disait : « Oh ! le monstre ! il dévorera tout. » — Le microscopegrossit les objets !
La noblesse, qui se servait d’un télescope, riait en chantant : « Oh ! oh !elle n’est pas encore si près qu’on le pense! » — Le télescope grossit etrapproche les objets !
L’homme du peuple regardait à l’œil nu, et s’écriait : « Oh! qu’elle estbelle! Elle fera le bonheur du peuple; si le temps fait découvrir quelquesdéfectuosités, le temps aussi les rectifiera **. »—L’œil nu ne trompe guère.
Pour d’autres, la constitution était de la graine de niais.
La séance du 3 septembre fit donc, — parlons le langage des contempo-rains,— amarrer le vaisseau de l'état au port de la constitution. On résolut laquestion de révision, et l’on décida que l’acte constitutionnel ne pourraitêtre modifié qu’après trois législatures consécutives. C’était fonder beau-coup pour l’avenir. Soixante députés allèrent présenter la constitution àLouisXVI.qui, relevé en quelque sorte de son indignité gouvernementale,écrivit à l’assemblée qu’il approuvait son œuvre, puis s’y rendit en per-sonne, et reconnut solennellement ce palladium des libertés publiques. Onreprésenta l’attaque delà constitution par les alliés ***; ils échouèrent devantle port de la constitution; enfin, ils s’en allèrent, terrifiés par celle nouvelle
• Telle au bas (l’une gravure de l’époque.
•• Texte d’une gravure intitulée : l’Optique naturelle et artificielle, ou le Microscope de larage, le Télescope de l’orgueil, et les Veux de la raison et du sens commun. Bibliothèque royale.
•” Nos bons amis les ennemis portent déjà en 1701 le nom i’allies.