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Tome premier.
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PROMENADE DU ROI.

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{septembre l7»l)

des verres de couleur, des terrines et des guirlandes de lampions, jusqu’àla barrière de l'Étoile, où se tira un feu d'artifice. Après le feu , le peupledansa toute la nuit*. Sur les transparents des maisons illuminées, on voyaitpresque toujours briller l’œil rayonnant de la liberté , devenu le symbolede la constitution.

La famille royale se promena en calèche au milieu de la population ;elle éprouva, dans ses sorties, des scènes désagréables. Par exemple, pen-dant qu’elle traversait les Champs-Élysées, on cria beaucoup vive le roi !Mais, tout le long de la route, un homme à la voix de Stentor, et qui nequittait pas d’un seul instant la portière de la voiture où se tenait Louis XVI ,répondait : Non , ne les croyez pas : vive la Nation ! La famille royale serendit à l’Opéra et aux Français , où elle fut très-bien accueillie. Il en futautrement au théâtre Italien. Madame Dugazon s’étant inclinée devant lareine, en chantant cet air des Evénements imprévus, par Grétry : Ah l commej'aime ma maîtresse! Plusieurs habitués du parterre l’interrompirent encriant : Pas de maîtresse ! Pas de maîtres ! Liberté ! Et aux locataires desloges qui répliquaient : Vive la reine! Vive le roi ! Vive à jamais le roi et lareine! Le parterre répondit encore : Point de maître, point de reine ! si bienqu’une chaude querelle s’ensuivit **.

Ainsi toutes les fêtes avaient leur côté joyeux et leur côté sombre. Cellede la proclamation de la constitution a commencé les fêtes banales qui sesont succédées depuis cinquante ans,—sortes de tohu-bohu où les rireset les pleurs se ressemblent et s’engendrent successivement, où le bruit est

■ Précis historique sur les fêtes, les spectacles et les réjouissances publiques, par ClaudeRuggiéri , artificier du roi. Ouvrage curieux à consulter.

" Presque tous les journaux du temps rapportent ces faits, mais diversement, et en les ac-compagnant de remarques plus ou moins effrayantes pour la famille royale.