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Tome premier.
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ASSEMBLÉE NATIONALE.

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(septembre 1791)

pris pour de la joie, — festins où le peuple s’enivre pour oublier un mo-ment son mal, et dont il sort souvent avec une plaie de plus. Les hainesparurent néanmoins faire trêve à leur opiniâtreté : on rapporta le décretcontre les émigrés, et on supprima provisoirement la haute cour nationaled'Orléans .

Il n'y avait, nous le répétons, pour celte fois encore, il n’y avait qu’uneapparence de paix entre les partis. En effet, papa Target, en apprenant lepelit coup fourré du Champ-de-Mars, s’était écrié, de grosses larmes dansles yeux : O ma pauvre constitutionnelle ! ô ma fille chérie ! te voilà déshonorée;tes amants se battent pour toi. De plus, chaque sujet fidèle du roi osaitchanter :

Avec la constitution,

Louis vient de faire unionPar contrainte et par force.

Je suis loin d’être satisfait;

Mais je me console en secret,

Attendant le divorce.

Il parut une caricature ayant pour litre : Les couches du papa Target , —en présence du député Populus et de mademoiselle Théroigne de Méricourt .On dit aussi que Target n’était qu’un père putatif.

Après la venue au monde de la constitution, l’assemblée nationale futappelée par les hommes politiques assemblée constituante, — destituanteplutôt, disaient ses détracteurs. Elle fixa l’ouverture de la première légis-lature au 1« octobre 1791, décida qu’aucun de ses membres ne pourrait êtreréélu pour faire partie de l’assemblée législative, et décréta, avant sadissolution, que nulle société ne pourrait à l’avenir, sous un nom collectif,prendre de décisions sur les questions politiques, et que les contributionsde 1792 seraient établies sur le pied de celles de 1791. — Puis, elle sesépara, en présence de Louis XVI, qui fit un discours à la Henri IV ; etdéclara, par l’organe de Thouret , son président, que sa mission étaitachevée.

Un mot, un seul, sur le portrait physique et moral de l’assemblée con-stituante.

L’assemblée nationale n’habita, depuis sa première séance, que deslocaux provisoires. A Versailles , elle eut tour à tour l’église St-Louis et lasalle des Menus-Plaisirs; à Paris , le bâtiment de l’archevêché et la Courdu Manège. Le Manège était situé sur la terrasse des Feuillants, terrasseentourée partout de jardins. Les Tuileries n’avaient pas de grille de ce côté ;le Manège leur servait de clôture dans une partie de leur étendue. La salle