j.ks séances de i,' assemblée. (septembre 1791 >
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où siégeaient les députés était froide et nue, meublée seulement de dra-peaux, de quelques bustes et portraits. Force cloisons, force corridors auxalentours, sous les tribunes séparées entr’elles par de simples balustradespleines et en bois, comme les loges des spectacles. Les bancs des députésétaient disposés en amphithéâtre régulier. La tribune dominait l’assemblée,et était placée devant le fauteuil du président.
Les travaux de l’assemblée se répartissaient ainsi. Les séances commen-çaient ordinairement à onze heures du matin ; parfois les députés ne sor-taient de la salle que juste pour dîner et revenaient travailler pendant unepartie de la nuit, quand ils ne passaient pas la nuit entière. D’abord, il n’yeut pas de séance le dimanche, mais bientôt cet usage cessa. Le public destribunes avait une entrée ; les députés avaient la leur, particulière et rigou-reusement interdite à qui ne présentait pas la carte dont nous avons donnéplus haut le modèle.
Après l'appel nominal, l'assemblée entendait, d’ordinaire, la lecture duprocès-verbal de la séance précédente, et des rapports sur les diversesquestions à résoudre. S’il y avait une lettre envoyée du dehors soit par lacour, soit par la municipalité, on en prenait lecture, le plus souvent àhaute voix et publiquement. Lorsque, cependant, le fait qu'elle contenaitétait d’une nature bien grave, on chargeait différents comités, nommésd’avance par l’assemblée, de l’examiner avec attention, et cela toujoursdans leurs attributions respectives. Suivait la lecture des pétitions adres-sées par les généralités du royaume ; rarement les députés lui prêtaientune attention suffisante. Venaient ensuite, à tour de rôle, les motions desprojets de chaque membre de l’assemblée. Ordinairement on passait outre :une motion avait, en général, besoin d’être faite deux fois avant qu’on laprit en considération.
Cela fait, on laissait le champ libre aux discussions orales.
Les interruptions de séances, pour cause de lassitude,étaient rares, àmoins que les discours ne fussent trop longs ; on ne supportait alors queceux de Mirabeau. Il est un fait que les députés gardaient religieusementle silence lorsque parlait un membre de la gauche. Les hommes de ladroite avaient plus de peine à se faire écouter. Il y avait généralement peud’ordre dans les discussions, sans doute parce que les orateurs négligeaientde se faire inscrire la veille. Les discours prononcés à l’assemblée onttoujours été improvisés ou du moins ont paru l’être. On applaudissaitbeaucoup, non point les discours politiques et spéciaux, mais,seulementles discours de sentiment, et surtout ceux qui s’adressaient à l’assembléeen corps. La plupart du temps, les députés votaient par assis et levés; ilsn’allaient au scrutin secret que dans les cas de grande importance. Assezsouvent les discussions devenaient personnelles, et dégénéraient, de part