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(novembre 1791 ]
Voilà ce qu’inspirent de terreur les émigrés et les coalisés *.
Les royalistes composèrent quelques chansons à propos du rappel deleurs amis les émigrés. Voici un couplet sur l’air : hanneton, vole, vole,vole, etc. :
Émigrants, vite, vite, vite,
Rentrez tous dans votre gite,
C'est la loi qui vous invite ;
Jourdan, notre satellite,
Vous promet la noix confite.
Émigrants, vite, vite, vite, etc.
Donc, après la loi sur les émigrés, parut un décret contre les réfractaires;il était bien vrai de dire que * les jongleurs du Manège ne jouaient quedeux airs sur leurs violons, celui des prêtres et celui des émigrés. » Lamunicipalité leur avait récemment accordé huit églises où ils pourraientofficier librement, les Carmélites du faubourg Saint-Jacques, du Val-de-Grâce, des Filles Sainte-Marie, de Sainte-Aure, des dames de la Providence,des Eudistes, de l’institution de lEnfant-Jésus, et des Théalins. Mais l’As-semblée oublia ces précédents, et déclara tout simplement les réfractairessuspects. C’est la première fois que ce mot est prononcé, ayant la significa-tion que l’on y a attachée plus tard. Celte rigueur semblait motivée par la.guerre étrangère qui s’organisait. Aussitôt après, l’Assemblée fit savoir àLouis XVI qu'il devait sonder les projets et obtenir des explications desprinces allemands touchant les clauses du traité de Pilnitz. Le roi, le 16 dé-cembre, lui annonça qu’il s’était rendu à ses vœux. Les armements furentpoussés avec activité. Rochambeau se mit à la tête de l’armée de Flandreou du nord; Lafayette commanda l’armée du centre, à Metz; Luckner , celledes frontières de l’Alsace.
Pendant ce temps-lâ, la politique allait son train. Le brasseur Santerreavait, en réalité, succédé à Lafayette dans le commandement de la gardenationale de Paris ; Pétion de Villeneuve avait été élu maire [de Paris , enremplacement de Bailly. Les Jacobins et la cour se montrèrent favorablesà sa nomination. Le directoire du département et les tribunaux avaient étérenouvelés par suite de ces élections. Manuel fut procureur-syndic de laCommune, Danton, substitut. Tallien, Robespierre et Billaud-Varennessiégeaient au conseil-général de la Commune. Robespierre avait de plus lacharge d’accusateur public.
* Toutes ces caricatures se trouvent à la bibliothèque royale, et chez plusieurs amateurs.Nous les avons décrites toutes à la fois, bien qu’elles n’aient pas paru simultanément. Sans celanous eussions été forcés de revenir à chaque instant sur ce sujet.