(Année 1791.
TENDANCES DU PEUPLE.
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en fondit à Paris et dans plusieurs hôtels des monnaies des départements.(Quelques ateliers monétaires furent même établis expressément pour cela*. Leprincipal établissement était situé dans l'ancienne église des Barnabites , enface du palais de Justice. La plupart des essais qui furent présentés alors por-taient cette inscription remarquable : Règne de la loi. Plusieurs compagnies,et même plusieurs commerçants notables, avaient déjà frappé des monnaiesparticulières et de confiance. Celles des frères Monneron , de Paris , eurent laplus grande vogue. Le cours de ces monnaies fut facultatif et volontaire, ainsique le déclarèrent fort souvent par la suite les autorités publiques. Elles ensupprimèrent quelques-unes en 1792 **.
11 devenait soupçonneux à l’endroit de la sincérité des hommes publics.C’est ainsi qu’on le voyait s’irriter, tantôt contre la défection de Barnave,tantôt contre les ruses de Brissot , contre l’humeur conciliatrice de Bailly etde Lafayette, contre les intentions de Pétion lui-même, — bien qu’il n’eûtaucune preuve certaine des torts qu’on lui reprochait.
11 portait Marat aux nues, ainsi que Bobespierre et Camille-Desmoulins ,dont les systèmes étaient au fond si différents.
Il n’avait plus pour le roi qu’un reste de dévouement et de respect. Oncomprend d’ailleurs combien les esprits étaient divisés à l’égard de Louis XVI ,car les uns ne le regardaient plus comme un roi, les autres voyaient en luiseulement un des rouages constitutifs du gouvernement, et le plus petit nom-bre l’envisageaient encore à travers le prisme de la majesté royale. Aussi, parles soins de ces derniers, certains traits de Louis XVI se répandaient-ils rapi-dement dans le public, toutes les fois qu’ils lui faisaient honneur. Les jour-nalistes et les peintres reproduisirent à satiété le suivant: » Le roi a rencontré,le 19 octobre, aux Champs-Elysées , un enfant qui balayait, et lui a demandéquelque argent, en l’appelant M. le chevalier. Le roi lui a donné six francs. L’en-fant, surpris de recevoir une si grosse somme, a dit : Oh! je n’ai pas de quoi vousrendre, ce sera pour une autre fois. — Un assistant a répondu : Mon ami.garde le tout. Ce monsieur n’est pas chevalier, il est l'aîné de la famille ”**.»
Après avoir analysé ainsi l'humeur du peuple, il nous faut indiquer sestendances.
11 tenait de plus en plus aux signes extérieurs, aux cocardes, aux écharpes,aux médailles, chez les fonctionnaires publics. Nous remarquons, en 1791,de nouvelles médailles d’huissier, avec ces mots : Actions de la loi , gravésdans une couronne de chêne.
Les huissiers , gardes du commerce, et autres exécuteurs de jugements,
Histoire numismatique de la révolution française, par M. Ilènin.Histoire numismatique de la révolution française , par M. Ilènin.**' Carions delà Bibliothèque royale.