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Tome premier.
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LUS GIUO.NDIMS AUX AFFAIRES.

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(Avril 1792.)

La politique s’embrouillait chaque jour davantage. Dans le courant demars, Delessart , ministre des affaires étrangères, avait été mis en accusation,à cause de la négligence qu’il avait apportée aux négociations avec l’Autriche ,Un ministère nouveau mena les affaires, et se composa : de Dumouriez , pourles affaires étrangères; de Lacoste, pour la marine ; de Clavières, pour les fi-nances; deCahier de Gerville, puis de Roland, à l’intérieur; dedeürave, bien-tôt remplacé par Servan , à la guerre; et enfin de Garnier, à la justice.

Ce ministère souleva les passions autour de lui, à cause de Roland, hommede mise roturière, et surtout à cause de de Grave, qui appartenait, ou plu-tôt, avait appartenu au parti des jacobins. Les royalistes lancèrent contre cedernier plusieurs caricatures, et une entre autres, avec ces mots au bas :

« D’un tas de fumier les jacobins tirent un ministre de la guerre »

Le nouveau cabinet reçut de la cour et des courtisans le nom de minis-tère sans-culotte , quoiqu’il fût plus généralement composé de girondins quede jacobins. Mais il avait été choisi parmi les membres du parti victorieux,parmi ceux qui avaient réussi à faire décréter d’accusation Delessart , et àobtenir le renvoi de Bertrand de Molleville, — les deux champions politiquesde l’aristocratie. Ce n’était pas le roi qui avait choisi ces hommes-là, maisbien en réalité l’assemblée législative, qui necessait de gourmander Louis XVI sur les mauvais conseillers dont il s’entourait. Là commence la première en-trée des girondins aux affaires; ils ont mis le pied au pouvoir, et tous leursefforts tendront désormais à se l’approprier en entier. Des trois ministresmarquants, l’un, Dumouriez , n’était l’homme d’aucun parti, mais seulementl’homme des circonstances ; le second, Roland , était un corps sans volontédont sa femme était l’àme : nous nous apercevrons bien plus tard queM me Roland pouvait être regardée comme la personnification morale et physi-que du parti de la Gironde. Le troisième, ministre inlluent, de Grave, avait,auxyeux des contre-révolutionnaires, l’immense tort, non pas tantd’étre jaco-bin, que d’être actif, entreprenant, énergique, et de marcher sur les traces deson devancier Narbonne . Il en eut le sort, et une caricature qui émanedes royalistes, représente le général Bender, le fameux chef des coalisés,faisant danser le général Gouine (probablement Custines ), et le ministre Gra-vité.

Luckner et Rochambeau regardent. Lafayette pleure. — Ordinairement,dit-on, il a la larme à l’œil “.

De Grave quitta le ministère et laissa sa place à Servan, un girondin , cequi augmenta la puissance de ce parti.

En même temps, la révolution prenait une teinte de sang. Jourdan coupe-têtes, l’auteur du massacre d’Avignon , avait été, ainsi que ses amis, amnistié

* Collection M. 1, ttenviilc.

*’ Cartons île l.i P>i! liniliè«|ue royale.