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LES MODERES HONNIS.
(Mai 1792.)
désastre arrivé à ceux qu’ils appelaient par dérision des soldats de papier (allu-sion auxassignats). ltoyou, auteur et éditeur del'Ami du Roi , annonçait commechose sûre la résurrection de l’ancien ordre de choses. Marat , l’Amt du Peuple,targuait ouvertement l’assemblée législative de corruption,.et les générauxde trahison infâme. Ces deux Amis furent eux-mêmes décrétés d’accusation.
Les événements de la guerre extérieure, joints à des symptômes effrayantsde guerre civile , augmentaient les succès de la propagande jacobile, qui futbientôt accusée non seulement d’avoir empoisonné l’empereur Léopold, maisencore d’avoir assassiné le roi de Suède, Gustave III , ce qui faisait dire auxroyalistes qu’il y avait du vide dans le Nord. Ils nécessitèrent l’émission detrois cent millions de francs en assignats ; et des registres furent ouverts danstoutes les sections, afin de recevoir les offrandes pour les frais de la guerre ’.D’un autre côté, pour mettre fin à la guerre civile, le marquis de Saint-Hurugue proposa aux Jacobins , dont il était un des chefs, de dissoudre les so-ciétés aristocratiques « à coup de nerfs de bœuf. » Brissot et Gensonné dé-noncèrent à l’Assemblée l’existence certaine d’un comité autrichien , tenantses séances dans l’appartement de la reine. Les prêtres insermentés furentplus rigoureusement poursuivis; la dénonciation de vingt citoyens actifs suffitdorénavant pour les faire déporter. (Juant aux feuillants, aux modérés, onles mit au ban de l’opinion publique, en assurant au peuple qu’ils n’étaientque des ci-devants aristocrates, dont la figure, autrefois maussade et revê-che, avait pris un air aimable et doucereux .
• l’oRTfuiTS des impartiaux, tics modérés, des modérateurs, — autrefois dits les aristocrates. •
Moniteur universel, mai 1792.