(Juin 1792.;
FÊTE DE I A 1.01.
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L’assemblée législative se déclara en permanence jusqu’au 31 mai, ainsique plusieurs sections de Paris .
La garde du roi fut licenciée, pour cause d’incivisme notoire, car douzeSuisses avaient récemment arboré la cocarde blanche à Neuilly .
Cependant les feuillants ne se laissèrent pas intimider. Scandalisés * qu’ilsétaient parles honneurs rendus, le 15 avril, aux soldats de Chàteauvieux, ilssaisirent la première occasion de répondre à la fête de la Liberté par une fêtede la Loi . Elle se présenta en moins de quinze jours.
Le 3 mars dernier, des hommes armés étaient arrivés des villes voisines àÉtampes , y avaient taxé le blé au marché, et l’avaient acheté brutalementselon le prix de leur taxe. Henri Simonneau , maire de la ville, s’opposa detout son pouvoir à cette violence , et alla même jusqu’à menacer de faire pro-clamer la loi martiale. On s’était élancé sur lui, on l’avait percé de plusieurscoups de baïonnette. Simonneau était mort en disant : « Ma vie est à vous,vous pouvez me tuer, mais je ne manquerai pas à mon devoir, la loi me ledéfend.»
On joua sur le théâtre du Marais la Mort de Simonneau. ”
Les feuillants consacrèrent la mémoire du maire d’Étampes par la fête detu Loi, lixée au 3 juin. Des bannières avec cette inscription , la loi; des corpsde musique; des modèles de bastille, comme toujours; des enseignes des qua-rante-huit sections, où l’on remarque ce mot, jusqu’alors presque inconnu :indivisible ; des faisceaux de drapaux des quatre-vingt-trois départements; desétendards militaires sur lesquels on lit : respect à la loi; des vétérans portantune table sur laquelle on a placé le glaive de la loi ; l’écharpe du maire d’É-tampes , promenée triomphalement : dans cette fête, la loi frappe tous lesregards, la loi commande à tous. Elle apprend au peuple que les hommesvraiment libres sont esclaves de la loi, — que sa force est dans la loi, — queles enfants doivent être instruits dans la loi, — que les filles doivent donnerla préférenceaux soutiens de la loi,—quel’on doit aux vieillards et leurs fils etla loi, — que les enfants chérissent leurs parents et loi **'. En un mot, laloi passait avant la liberté, et l’intention des feuillants était de démontrer (piela dernière devait céder le pas. La question n’était que de savoir s’ils parlaientavec sincérité. La loi et la liberté sont deux sœurs, altières toutes deux, (pii s’ai-ment tendrementet font semblantdesedétester. Pourquoi les feuillants s’effor-çaient- ils d’exclure l’une par l’autre, comme par droit d’ainesse?
Nous laissons à penser quelle animosité réveilla chez les partis extrêmes lafête de la loi, malgré toutes les petites concessions accordées par les mo-dérés.
Et ce fut dans ce moment-là même que les girondins, ou les hommes
* André C.I>cni«.T composa contre la fête de lu liberté, une satire <jtti ne lui fut j.uu us p.irdonnée.Moniteur universel.
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