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Tome premier.
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AVANT I.E 20 JUIN.

'Juin 1792.)

d'état, tentèrent de s’emparer atout jamais du pouvoir. Servait, leur créa-ture, ministre de la guerre, demanda l’établissement d’un camp de vingtmille hommes sous Paris . Une pétition des royalistes protesta contre le projet.Ce fut une chaude querelle dans le conseil : Dumouriez désapprouvait lamesure. Dès lors il se sépara complètement de ses collègues, et Roland écrivitau roi, au nom de ces derniers, une lettre qui devait hâter la rupture entrela cour et le peuple, une lettre pleine de phrases comme celle-ci : « Il n’estplus temps de reculer ; il n’y a même plus moyen de temporiser : la révolu-tion est faite dans les esprits; elle s’achèvera au prix du sang, et sera cimentéepar lui, si la sagesse ne prévient pas les malheurs qu’il est encore possibled’éviter. Je sais qu’on peut imaginer tout, opérer et tout contenir par desmesures extrêmes ; mais quand on aurait déployé la force pour contraindrel'assemblée, quand on aurait répandu l’effroi dans Paris , la division et lastupeur dans ses environs, toute la France se lèverait avec indignation, etse déchirant elle-même dans les horreurs d’une guerre civile, développeraitcette sombre énergie, mère des vertus et des crimes, toujours funeste à ceuxqui l’ont provoquée *.»

Etaient-ce là des conseils, étaient-ce là des menaces? Nous l’ignorons.

Par ce manifeste révolutionnaire, les girondins mettaient à la puissancemonarchique le marché à la main. Les jacobins et les girondins étaient d’ac-cord contre elle. Les derniers surtout avaient une très-grande inlluence pra-tique sur la marche des affaires. Néanmoins, le ministère sans-culotle tomba,et fit place à Mourgues pour l’intérieur, et à Beaulieu pour les finances, em-portant avec lui les regrets et l’estime de la nation , au moins de par l'as-semblée législative.

Dumouriez reste au ministère, et cumule deux portefeuilles, celui des af-faires étrangères et celui de la guerre. La Gironde est mécontente : nous al-lons assister à sa vengeance, dans laquelle l’assemblée s’est, pour ainsi dire,mise de moitié, en envoyant la lettre de Roland, imprimée, aux quatre-vingt-trois départements. Les girondins cherchent à organiser une républiquedu midi; et Barbaroux écrit aux Marseillais de lui envoyer, afin de sauverla liberté, six cents hommes qui sachent mourir.

Ce n’était pas tout encore ; une sombre agitation se faisait sentir dans lefaubourg de Gloire**, dont Santerre était véritablementle roi, ayant pourcour-tisans l’américain Fournier, Rotondo, l’Italien, Legendre, boucher, Rossignol,orfèvre, et Nicolas de Brienne, marchand de vins. Un libelle intitulé : vlris àla garde nationale, fit croire qu’on voulait destituer le roi ; et, le 11 juin, unorateur, monté sur une chaise, lut à la foule un autre libelle : La chute del’idoledesFrançais où l’assassinat de Louis XVI était formellement provo-

* Lettrv du ministre Roland à Louis Xl l

“ Iâ! lecteur se rappelle que tel était le surnom donné au f.utliouq; Saint-Antoine.Séante de l'AssemMéc, 12 juin. Dénonciation de Delfau