MATI.N I)K LA JOlIt.NKK Dl 20.
(Juin 1792.)
20 V
CIIAIMTHK XIV.
Le chêne et le tremble. — Journée du 20 juin. —Causes et ri'*sultat.s th* celle journée. — IViul.tisnti «leLufuyrtte.— Le (ju 011 dit «le Louis XVI . — Le baiser d’amourette , ou la réconciliation normande .—— Deuxieme anniversaire «le la fédération. — Décret et proclamation d<» la patrie en danger. — L«*senrôlements. — I^es volontairtîs aux armées. — La terre de Coblentz et la terre Mationalv. — Festincivique sur la place de la lla»til|e. —Arrivée des Marseillais; la Marseillaise est change pour la premièrefois. — Ixts luttes du grand salon du Couronnement de la constitution aux prises avec ceux du resiaurahtdu Jardin royal. — l’n comité insurrectionnel. — Magnificat ; Domine salnum fac regem ; la chute desfeuilles.
« Sire, je n’aime pas les rois. >» Cette phrase, qui commence ce chapitre,avait commencé une lettre écrite par Manuel à Louis XVI , peu de temps avantla journée du 20 juin. Et, à la même époque environ, comme il avait étéquestion de planter sous les fenêtres du roi un chêne, arbre de la liberté,Corsas, le journaliste, avait annoncé dans ses colonnes que le peuple irait yplacer, non un chêne, mais un tremble. Dans ces deux actes, quels pressenti-ments d’une secousse politique très-prochaine ! Le 20 juin, les amis de la li-berté devaient faire un pèlerinage à Versailles , en mémoire delà séance du jeude paume. La veille, les faubourgs étaient en émoi, et le directoire du dépar-tement de Paris s’occupa de dissiper les rassemblements. Louis XVI étaitplongé depuis quelques jours dans un abattement complet, qui devint mêmeun mal physique : il ne parlait presque plus.
.V cinq heures du matin, le 20 juin, une foule d’individus armés ou sansarmes, en uniforme pour la plupart, se dirigèrent vers l’assemblée législa-tive qui, au dire de Chabot, « les attendait à bras ouverts. » Santorre lescommandait. Ces insurgés prirent plusieurs prétextes : ils allaient présenterune adresse au roi; ils allaient célébrer l’anniversaire du jeu de paume; ilsallaient planter dans les Tuileries un mai de la liberté. Ils portaient des pi-ques, des haches, des couteaux, des croissants, dos hésaiguës, des bâtons fer-