Juin 179-2
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rés ou non ferrés, des scies et des broches. Leurs étendards étaient variés deforme, contenaient des inscriptions effroyables et étranges ; l’un se composaitd’une pique surmontée d’une culotte noire en loques, avec ces mots : Trem-blez, aristocrate?, voicilessans-culotles; et ceux-ci : Libres et sans-culottes, nousen conserverons du moins les lambeaux. Sur un autre on lisait : La nation et laloi. — Quand lapatrie est en danger, tous les sans-culottes sont levés. — Avis aLotis XVI : Le peuple, las de souffrir, veut la liberté tout entière ou la mort .—.4 bas le veto! etc., etc. D’autres étaient déployés en commémoration de laséance du jeu de paume. D’autres, plus menaçants, figuraient, en image ouen nature, soit un cœur de veau avec cette inscription : Cœur d’aristocrate,soit une potence, à laquelle était suspendu un mannequin, ce qui voulait dire :« Marie-Antoinette à la potence ! ‘ » Enfin quelques bannières demandaient laconstitution ou la mort.
Les insurgés étaient au nombre de vingt mille; huit mille s’en séparèrentpour se rendre à l'assembléelégislative. Un d’entre eux prit la parole; ensuiteils traversèrent la salle, ainsi équipés, dansant et chantant l’air ça ira. De là,le rassemblement se dirigea vers le jardin des Tuileries , qui était rempli detroupes. Panis et Sergent,officiers municipaux, exigèrent qu’on leur en ouvritles portes, au nom du peuple souverain. Ils furent obéis; la foule envahit lechâteau, et alla vers la chambre du roi, à l'entrée de laquelle elle braqua uncanon, par manière de sonnette; précaution inutile, car Louis XVI donnalibreaccès au peuple, et se trouva bientôt entouré des insurgés qui demandaientoùétait le gros veto. Chacun cria selon son idée, qui vive la constitution! qui àbas les prêtres, qui à bas le veto. Les uns lui disaient de déporter les insermen-tés ; les autres lui représentaient que le pain et la viande coûtaient trop cher;d'autres enfin lui ordonnaient de sanctionner les décrets auxquels il avait ré-cemment apposé son veto, de rappeler les ministres patriotes, de maintenirintacte la constitution, de renoncer à son droit de sanction, d’ètre décidémentcontre-révolutionnaire à Coblentz, ou monarque citoyen à Paris .
Pendant ce temps, le boucher Legendre plaça le bonnet rouge sur la tète duroi, qu’il avait d’abord affecté d’appeler monsieur ; et un de ses camarades offrità trinquer au monarque. Ce que voyant la reine, elle se dépêcha d’affubleraussi du bonnet rouge le prince royal, et d’attacher à son bonnet une cocardetricolore que lui avait présentée une femme. Legendre et Huguenin, chefspopulaires, firent chacun un discours auquel le roi répondit. On avait dresséen face de Louis XVI les tables des droits de l’homme, placées sur un canonaccompagné, d’un côté d’une potence figurée, de l’autre d’une guillotine, aveccette inscription que Louis XVI lut sans effroi : Justice nationale envers lestyrans.
Amiecnir* tic la trrtvur, par Georges Duval. Nous n'assumons jus la responsabilité de ce fait.fntn uccy mémorable) /If la révolution frawaiw.