Al'BÊS I,E 20 JMS.
Juin 1702.)
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Le roi ne promit pas de révoquer son veto, mais il jura de nouveau le main-tien de la constitution. Les insurgés se contentèrent à peu près de ce serment ;des bouteilles de vin furent apportées, et le roi fit les honneurs, remplit lesverres de ses convives, et but, dit-on, à même de la bouteille, à la santé de lanation '. Cette scène dura depuis cinq heures et demie jusqu’à huit heures dusoir. Dans l’intervalle, plusieurs députations de l’assemblée législative survin-rent pour veiller à la sûreté du roi; à leur tète étaient Santerre et Pétion . Deguerre lasse, le peuple se retira sur l’invitation de ce dernier, dont la voi\ avaitquelque influence vis-à-vis des masses. « Peuple, s’écria-t-il, tu viens de temontrer digne de toi-même; tu as conservé toute ta dignité au milieu des plusvives alarmes, nul excès n’a souillé tes mouvements sublimes ; espère, et croisenfin que ta voix aura été entendue. .Mais la nuit approche, ses ombres pour-raient favoriser les projets des malveillants qui voudraient se glisser dans tonsein; peuple, retire-toi. » — A dix heures, le château, les cours, le jardin,étaient évacués.
Le lendemain, les hôtes des Tuileries se laissaient encore aller à des craintesassez mal fondées. Ils s'interrogeaient, se parlaient bas, poussaient des sou-pirs, de telle façon que le prince royal demanda ingénument à sa mère : « Ma-man, est-ce qu’aujourd’lmi serait encore hier? » Alors. Louis XVI fit venirle maire de Paris , et eut avec lui un entretien très-raide et très-sec de part etd’autre touchant la tranquillité de la capitale. Ensuite, le même jour, il écrività l’assemblée, pour la remercier de ses bons procédés à son égard, une lettreoù l’on remarquait cette phrase ; «.le laisse à votre prudence de rechercherles causes de cet événement. »
Cela fait, les choses reprirent leur marche accoutumée. Quelles étaient lescauses de la journée du 20 juin ! Elles existaient toutes dans un seul fait, lavengeance que les Girondins voulaient tirer de leur éloignement des affaires.C’étaient bien eux qui avaient appelé de leurs vœux l’insurrection, qui l’avaientorganisée, qui l’avaient fait éclore dans un moment propice. Pourquoi cette de-mande du rappel des ministres disgraciés ? Pourquoi cette allocution de Pétion au peuple? Ils se sont, pour arriver à leur but, prosternés devant la souve-raineté du peuple. Plus tard nous les verrons la méconnaître et essayer de l’an-nihiler . En attendant, ils ont appris aux sans-culottes la manière dont ilsdoivents’v prendreau jourqu’ils agiront pour leur propre compte. Par malheurpour les hommes d’état, dans leur triomphe est le germe de leur chute : le 20juin contient le 10 août. Toujours est-il que les sans-culottes connaissentmaintenant les êtres du château des Tuileries , et qu’ils y reviendront. Ils di-sent déjà, dans les faubourgs, qu’avant peu de temps ses murs s’écroulerontcomme se sont écroulés ceux de la Bastille.
Analysons, en outre, les résultats de la journée du 20 juin.
4 Voyez Ivs Mttnoires i/it marqua tir t'irnirr.