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Tome premier.
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VISITES DOM ICI LIA 111 ES.

Août 1792.)

La section des Quinze-Vingts avait publiquement déclaré à toute l’Europe que Gorsas , auteur du Courrier des 83 départements,

Carra, auteur des Annales patriotiques,

Prudhomme, auteur des Révolutions de Paris,

Desmoulins, auteur des Révolutions d: Brabant,

Avaient bien mérité de la patrie.

— Contre-partie dans les mots de la caricature le Déqel delà nation, où onproclamait leur infamie et leur défaite.

Pendant ce temps, des nouvelles très-peu rassurantes étaient arrivées desfrontières. Longwy était au pouvoir des alliés. Les étrangers sortaient deFrance. A Lyon , les autorités avaient arrêté un régiment à l’instant où dallait serendre à l’armée des coalisés. La commune, à l’instigation principale de Danton ,ministre de la justice, ordonna des visites domiciliaires pour la nuit du 29 au30.11 s’agissait de chercher des armes dans les maisons, ainsi que des chevauxinutiles, et pouvant servira la guerre*. Aussitôt, les barrières furent fer-mées pour quarante-huit heures. Les rues furent cernées. Dès quatre heuresdu soir, la générale battit, et tous les citoyens durent être rentrés dans leurdomicile à six heures précises. Les visites commencèrent vers une heure dumatin, et se prolongèrent toute la nuit; en même temps, il se faisait des or-gies dans les cabarets et chez les épiciers. Pendant les visites, un municipalfut tué. Il se nommait Ménier.

Cette mesure servit de prétexte à l’emprisonnement des prêtres insermen-tés, des personnes qui avaient appartenu à la cour, et de tous les individussuspects. Plus de douze mille furent incarcérés, selon l’avis de Danton , quiavait dit: « 11 faut enchaîner tous les conspirateurs, il faut les mettre dansl’impossibilité de nuire. »

Cependant, non-seulement Longwy est pris, mais encore les Prussiens marchent sur Verdun . 11 serait difficile de peindre l’inquiétude qui saisitalors tous les citoyens de Paris . Les chefs du gouvernement se concertentpour savoir ce qu’il importe de faire. Les avis sont partagés. Les uns veu-lent qu’on attende l’ennemi à Paris ; les autres opinent pour qu’on se retireà Saumur. Danton seul domine la réunion. « Vous n’ignorez pas, dit-il, quela France est dans Paris ; si vous abandonnez la capitale à l’étranger, vousvous livrez, et vous lui livrez la France ... Il faut faire peur aux royalistes.»

Inutile de répéter sa phrase... « De l’audace, encore de l’audace, toujoursde l’audace. »

On ne peut dire au juste si les visites domiciliaires étaient le prologue dudrame de septembre, et si, en emprisonnant les suspects, Danton avait déjà lapensée de les faire égorger. Toutes les apparences néanmoins sont en faveur

* Il est à remanpier ijnc Us visite* thuniciliairrs furent autorisées et m ;, mc décrétées par l'Assemblée légis-lative. sur la proposition de Danton . parlant au nom du conseil exécutif.