(Août 1702.)
MOTION J.4COBITE.
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leurs pères; tant que nos belles contrées enfanteront des hommes libres etbraves, vous leur servirez de modèles, et la postérité reconnaissante vousproclamera les conquérants de l’égalité, les libérateurs de la patrie! * »
La musique se fit de nouveau entendre, et changea de caractère. Ce n’étaitplus une marche des morts pour les victimes, mais une apothéose pour desvainqueurs,—avec force motifs gais et brillants.
A 10 heures, la cérémonie était complètement terminée.
Le lendemain, les deux statues de la Liberté et de la Loi furent placées de-vant et derrière le tombeau pyramidal. Mais, le mardi matin, on les trouvadépouillées de toutes leurs draperies, et exposées nues aux regards des spec-tateurs. On accusa de ce méfait les prêtres «jaloux, disait-on, de l’encensbrillé la veille sur d’autres autels que les leurs. ** »
Dans ces honneurs rendus aux vainqueurs du 10 août, nous ne voyonsrien qui soit de funeste présage, si ce n’est le refus de se servir de prêtrespour la cérémonie. Cela ressemble assez à un arrêt de proscription contreeux.
Mais, outre les événements politiques relatés à la fin du chapitre précédent,quelques faits nous démontreront l’animosité des esprits contre les aristo-crates et contre les coalisés. La commune fera sentir de quel poids son auto-rité pèse dans la balance, et les girondins seront forcés de rester spectateurspassifs des actes de Robespierre, Marat et Danton .
Le jour même de la pompe funèbre à laquelle le lecteur vient d’assister,Jean Debry , jacobin avoué, proposa à l’assemblée législative l’organisationd un corps de douze cenls volontaires, qui se dévoueraient à aller attaquercorps à corps, individuellement, les tyrans qui font la guerre aux principesrépublicains, et les généraux qu’ils ont préposés pour anéantir en France laliberté publique. La motion eut quelque retentissement. Chabot et Merlindéclarèrent, qu’après avoir quitté leurs fonctions de députés, ils iraient vo-lontiers s’enrôler dans ce corps, qui pourrait être appelé, selon eux, vengeurde l'humanité. On discuta la proposition contre laquelle Vergniaud s’éleva detoutes ses forces, en faisant remarquer à ses collègues que les tyrannicidesamèneraient nécessairement pour représailles les généralicides, et que la ré-publique elle-même, à ne considérer que le point de vue de l’intérêt, seraitpeut-être la victime d’un principe tel que celui-là. ”**
La proposition fut renvoyée à un comité, et n’eut pas de suite.
Le 25, Delaporte, ex-intendant de la liste civile, et Durozoi, auteur dujournal l’Ami du roi, avaient été guillotinés; la médaille d’or, autrefois don-née à Lafayette, fut brisée, en place de Grève, par la main du bourreau.
* Phrase extraite du discours de M. J. Chénier. Le peuple lui-même en vota sur place l’impression'* Réflexions des Révolutions de Paris.
Moniteur universel , séance du 2(> août !7<)2.