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(Septembre 1792.)
percevant pins ses enfants, mais découvrant encore le drapeau sous lequelils marchaient, s’écria: —Mon Dieu! comme ce drapeau s’éloigne vite!...Ah! si je n’étais pas si vieux, je les suivrais... * »
Qu’on nous vante après cela la Grèce et Rome ! Cet homme faisait à lapatrie le sacrifice de ses quatre enfants, et quand on lui demanda si le dé-part de ses fils ne le laissait pas dans la misère, il répondit avec une nobleconfiance dans le pays : « Mes concitoyens auront soin de moi. »
Il n’y a peut-être qu’une chose plus magnifique encore que l’action de cevieillard, c’est sa dernière réponse.
Mais des malveillants profitèrent dél’occasion des offrandes pour voler dansParis . Ils se répandirent dans les rues et dans les marchés , en criant queles bijoux inutiles devaient être destinés à augmenter la somme du numé-raire pour les frais de la guerre. Ce n’était qu’un prétexte inventé par lesseptembriseurs, désireux de prolonger l’orgie commencée dans les premiersjours du mois. Us arrachèrent aux passants leurs montres , leurs bagues ,leurs boucles d’oreilles, au risque de les blesser. Chose singulière, et qui pour-rait faire accuser quelques membres de la commune d’avoir pris secrètementpart à ces désordres! Plusieurs de ces voleurs étaient accompagnés d’hom-mes portant des balances pour peser les bijoux; d’autres, avec le plus grandsérieux du monde, en délivraient des reconnaissances ; il s’en trouvait mêmequi avaient revêtu l’écharpe municipale, afin de donner à leurs rapines un airrespectable, — de les rendre mesure révolutionnaire, comme les 2 et 3 sep-tembre. Ces vols eurent lieu à Paris , et dans les environs, où quelques lai-tières, s’en revenant de la ville, furent entièrement dévalisées. Les pillardsdisaient qu ils faisaient l’extérieur, et que bientôt ce serait le tour de l’inté-rieur, c’est-à-dire qu’après avoir suffisamment volé dans les rues, ils s’intro-duisaientdans les maisons ** *** . Les sections se rassemblèrent, jurèrent de fairerespecter les personnes et les propriétés, et firent de nombreuses patrouilles.La municipalité afficha une proclamation; Pélion rendit compte des désordres àl’assemblée. Mais, il faut le dire, le peuple seul, d’après sa seule inspiration,parvint à étouffer le tumulte, en égorgeant quelques-uns des pillards.
Ces vols précédèrent un vol immense et à jamais célèbre dans l’histoire deFrance . Le 16, eut lieu ce que l’on a appelé pillage du garde-meuble de lacouronne. Des malfaiteurs se saisirent des bijoux et des pierres précieusescontenus dans l’établissement; ils montaient, dit-on, à la somme de trente-six millions. La commune a été accusée d’avoir profite du pillage, sinon del’avoir dirigé.
Nous donnons, à cet égard , le billet écrit par Pétion , et adressé à San-terre, commandant-général de la garde nationale**”.
* Lettre d’une citoyenne de la section des Lombards, au rédacteur du fttonitenruniversel.
** V. les flcrwlutions de Paris , t. XIII.
*** Voyez lr fac sintile d'autographe ci-joint.